Voici deux mois que j'ai reçu ce livre, dans le cadre du partenariat qui unit le cabinet de recrutement Michael Page au Business Bondy Blog pour lequel j'écris sur l'emploi et l'entreprenariat. Il est co-écrit par Fabrice Lacombe qui n'est autre que le Président de Michael Page et Lucie Robequain, journaliste au service économique des Echos. Dans de courts chapitres, d'une à trois pages, les auteurs dressent un panorama chiffré et détaillé de ce que sera le marché de l'emploi dans les années à venir. Cet exercice de prospective n'est pas des plus faciles (une fois sortis de la conversation Café du commerce) mais on perçoit bien l'excellente connaissance de Fabrice Laocmbe et Lucie Robequain à travers cette grosse centaine de pages. A l'horizon 2010-2015, quelques secteurs exploseront: Les services à la personne notamment. Manager de femmes de ménage, recruteuses de secrétaires personnelles, de livreurs, de nourrices... sont donc des métiers en devenir, pour lesquels des formations adequates ne tarderont pas à voir le jour !
On nous promet depuis quelques années un retournement du marché, où les candidats auraient le choix de leur entreprise, mais je reste assez sceptique sur le sujet. En revanche, selon mon avis personnel, le salariat arrive en bout de course. Le concept même de salarié est au coeur du système capitaliste selon Karl Marx, or ce système arrive lui-même à la fin d'un cycle. P
ar ailleurs, la dérèglementation (le Code du Travail est régulièrement revu et corrigé par les instances françaises comme européennes), l'essor de l'entreprenariat et de l'intérim, les nouveaux dispositifs comme l'autoentrepreneur, seraient autant d'arguments en faveur de la fin des CDI et des paiements en salaires. Dans dix ans, nous serions tous "à notre compte", travaillant pour des services externalisés, comme c'est déjà le cas pour les indépendants, les petits entrepreneurs, les intérimaires ou les cabinets spécialisés - tels que Michale Page, d'ailleurs, mais à la différence que nous n'aurons qu'un client unique ou deux. En somme, les inconvénients du salariat sans ses avantages...
Ce qui est déjà en marche, si on prend une entreprise lambda, souvent la standardiste vient d'une agence d'hôtesses, les recruteurs font partie de cabinets, la femme de ménage d'une société de nettoyage, et outre les stagiaires, la plupart des consultants présents sont indépendants. Reste ue petite poignée de salariés... Du moins dans les sociétés anglo-saxones. Cette différence de culture est notable, dans leur chapitre consacré au télétravail, ils expliquent que si celui-ci est très développé dans des entreprises comme Cisco, il l'est ettement moins chez les enseignes françaises... où il ne prendrait jamais, selon les auteurs !
Enfin, pour ce qui concerne la parité et la diversité, nous pouvons nous réjouir puisqu'à terme, en 2020, nous devrions enfin voir des conseils d'administration, des entreprises, des services, composés de personnes d'origines et de sexes différents, et ne plus avoir ce sentiment "d'attaque des clônes" quand on rentre dans l'une d'elles...
Quant à savoir si ces prévisions sont exactes, seul l'avenir nous le dira !

amusant de se projeter de cette façon / je me demande ce que deviendra mon métier en 2015 annahita, assistante de direction
Rédigé par : Annahita | lundi 09 février 2009 à 13:05
Très très intéressant ce billet !
J'ai un emploi salarié à temps plein qui me fait vivre, un deuxième job à côté qui me passionne, et parfois un troisième quand j'ai le temps...si j'obtenais le statut d'auto entrepreneur pour faire tout ça, je m'organiserais de manière beaucoup plus souple. Dommage que la législation française ne soit pas encore au point à ce niveau, mais j'ai de l'espoir :-)
Rédigé par : Aurélie | mardi 10 février 2009 à 11:52