Décidément, les entrepreneuses ont le vent en poupe. Entre les livres sur le sujet, le Prix de la Mompreneur, le Prix de l'Entrepreneuse... Quand j'ai entendu parler du livre de Sandra Le Grand, créatrice de CANALCE, je me suis demandé ce que cet ouvrage allait apporter de plus.
J'ai été très agréablement surprise, je ne l'ai pas lâché pendant trois jours, j'ai surligné de nombreux passages et j'ai été déçue de devoir quitter Sandra Le Grand arrivée à la dernière page, comme quand vous refermez un roman en vous disant que le héros va vous manquer.
Pour celles qui ne le sauraient pas, Sandra Le Grand est donc la grande patronne de CANALCE., leader français des services aux CE Le livre est en réalité écrit par trois personnes: Sandra Le Grand donc, mais aussi son collaborateur et une coach qui, à la fin de chaque chapitre, résume les points forts su savoir-faire et du savoir être de "Sandra" (puisqu'elle parle même de méthode Sandra) et invite le lecteur à s'interroger sur ses propres capcités en pareilles circonstances.
L'intérêt majeur de ce livre, pour moi, ne réside pas dans ces encadrés au demeurant utiles pour qui veut se lancer (le sous titre est "lettre ouverte à celles et ceux qui veulent créer une entreprise" et chaque encadré permet de comparer ses capacités à celles de Sandra et de réfléchir sur les situations qu'elles traverse) Le vrai gros point fort de ce livre est la sincérité, l'absence de langue de bois de son auteure.
Ainsi, à mesure que le lecteur suit son parcours, de son premier job d'étudiante chez Mc Do à sa situation actuelle, elle révèle quelques unes de ses petites ficelles. Elle avoue avoir parfois utilisé des méthodes limites pour "faire de la trésorerie": envoi de chèques non signés, accusation de la Poste pour des retards, signatures de chèques débordant sur les numéros pour le faire traiter à la main et gagner deux jours... j'adore ! On est loin de la réécriture du programme de la dernière année d' HEC, comme le font trop souvent les patrons-auteurs.
Sandra Le Grand se traite aussi sans complaisance: elle n'hésite pas à analyser ses échecs (relatifs) avec dureté, parlant de Loi de Murphy, puis confessant "j'avais usé deux directeurs commerciaux en cinq ans..." ce qu'elle réalise au moment du départ de son collaborateur. Le recul avec lequel elle analyse son parcours, sans jamais tomber dans l'autosatisfaction (mais en étant lucide sur ses réussites également) permet de se plonger dans la lecture. Contrairement à un récit lisse, on peut ici s'accorcher aux aspérités, aux creux, à ce qui dépasse.
Mère de deux enfants, elle se juge là aussi assez durement en racontant cette anecdote de réveillon où elle a laissé son fils, avec une gastro, aux bons soins de sa soeur tandis qu'elle tentait de parlementer au téléphone avec un banquier lui annonçant d'imminentes catastrophes pour son entreprise. "CANALCE était comme une petite soeur pour eux" dit-elle même.
Et c'est vrai: elle emploie parfois un langage incongru, issu du monde de l'entreprise, pour parler de ses enfants ou de ses amis ("j'ai challengé leurs décisions...") et on comprend très vite que cette tornade doit exiger énormément de ses équipes ("même si certains rouspètent de devoir rester jusqu'à 19h30"... "son implication n'était pas optimale..")
Mais surtout, on ressent à travers les pages toute l'énergie que cette femme met dans la conduite de son projet. Elle partage toutes les étapes avec le lecteur, de l'idée originale (un soir en regardant Capital sur M6) à la réalisation, en passant par des levées de fonds, l'embauche de ses premiers salariés, l'entrée de nouveaux actionnaires et les crises (l'explosion de la bulle Internet et la crise économique de 2008-2009) et on s'implique, en tant que lecteur, on a vraiment envie qu'elle mène son projet à bien, on trépigne avec elle en attendant l'appel de la banque et on a presque envie de l'encourager en tournant les pages.
Patronne avec tout ce que ça implique de légèrement caricatural (les charges et le code du travail en prennent pour leur grade) elle a la côté sympathique de l'entrepreneuse, ce "quand on veut on peut", et surtout ne semble pas dupe des jeux de pouvoirs ("aller à des soirées ou des cocktails fait partie de mon travail", "j'étais à découvert (...) je n'avais jamais remarqué ça, je ne suis pas une femme d'argent") ni imbue d'elle-même, ni donneuse de leçons. Sa motivation ne semble pas se trouver dans l'amas d'Euros mais plutôt dans la conduite de projet, dans l'action, dans l'amour du travail bien fait.
Un chapitre est révélateur de ce ton libre et direct: celui, l'avant-dernier de mémoire, où elle évoque son divorce. Sans triomphalisme, loin des livres d'entrepreneurs (ou entrepreneuses) pétris d'autosatisfaction, Sandra Le Grand explique qu'on ne peut réussir partout et qu'en se consacrant corps et âme à son entreprise, elle n'a évidemment pas pu s'investir dans son couple., devenu d'après elle une sorte d'annexe de CanalCE. Sans non plus blâmer son époux, et sans en dire trop sur leur vie privée, elle avoue avoir perdu le contact, l'intimité qu'une femme amoureuse est sensée partager avec son partenaire.
Mais on n'est pas dans un téléfilm M6 "comabt de femmes", on est dans le livre d'une chef d'entreprise, et Sandra Le Grand ne s'appitoie pas sur son sort. Elle rebondit, enchaîne avec son nouveau dada (le régime Dukan) sa nouvelle organisation de maman (le déjeuner du mercredi avec ses fils) et surtout, ses désirs d'avenir pour le groupe CANALCE.
En guise de conclusion, Sandra Le Grand mentionne les réseaux dont elle fait partie et s'engage en faveur des femmes. Elle est d'ailleurs marraine du prochain Prix de l'Entrepreneuse 2010 fondé par Nora Esnault (qui était vendredi à la soirée Maman Travaille) dont je suis juré et dont Maman Travaille est partenaire.
En refermant le livre, je suis totalement charmée par la personnalité de Sandra Le Grand, et bien que je ne l'ai même jamais croisée j'ai une conviction: elle fait partie des personnes qui, quand vous les cotoyez, déteignent sur vous et vous transmettent leur énergie positive. Je suis persuadée qu'évoluer à ses côtés fait partie de ces expériences qui vous en apprennent beaucoup en peu de temps. Et j'ai tourné la dernière page avec un souhait: un jour, peut-être, travailler pour/avec elle.
---> Commander Entreprendre, un peu, beaucoup, passionnément (Ed. Telemaque, Sandra Le Grand)

C'est sympa la pub pour les copines....cela sonne un peu faux votre critique, pardonnez moi de vous le dire.
Rédigé par : lili | mardi 12 octobre 2010 à 09:27
@ lili: je vous pardonne bien volontiers, mais c'est un peu triste de voir le mal partout. je ne connais pas sandra le grand, ni son attachée de presse, ni sa maison d'édition, je ne l'ai même jamais croisée !
quand je parle de livres d'une copine, je le mentionne toujours (vous pouvez aller vérifier rubrique "des livres et des blogs")
à mon tour, pardonnez-moi donc d'avoir été enchantée par ce livre à l'avenir j'essaierais de démolir un ouvrage juste pour prouver que je ne suis pas "copine" avec la personne.
d'ailleurs, si j'étais copine avec sandra le grand, comme vous dites, je pense que je m'en serais vantée ;)
bonne journée !
Rédigé par : Marlene (Maman Travaille) | mardi 12 octobre 2010 à 09:50
j'ai hâte de le lire bravo et merci Marlène
Rédigé par : heloïse | mardi 12 octobre 2010 à 10:32
Jolie critique qui donne envie de lire le livre...
"Sa motivation ne semble pas se trouver dans l'amas d'Euros mais plutôt dans la conduite de projet, dans l'action, dans l'amour du travail bien fait."... J'aime cette phrase qui resume souvent ce qu'est vraiment un entrepreneur. Et sympa l'idee du coach (meme si apres 15 ans d'accompagnement a la creation de boite je n'adhere plus si je peux, on peux tous !)
Par contre un gros dilemne... doit-on reellement toujours choisir entre son couple et sa boite ?
Rédigé par : Nathinphoenix | mardi 12 octobre 2010 à 16:30
j'ai grande hâte d'avoir le livre dans les mains afin de savoir si nous sommes avec mon équipe sur la bonne voie
Rédigé par : cvmalin | mardi 12 octobre 2010 à 19:39
Où est la maman dans tout ça...ah oui, déjeuner du mercredi avec ses fils! On dirait un article élogieux de Gala ou Paris-Match sur je ne sais qui ( homme ou femme ) de la politique ou du monde économique. C'est formidable que ces gens accordent leur mercredi à leur enfants! Les enfants pour moi c'est 7 jours sur 7 comme les taches ménagères et boulot + reprise d'études aussi 7 jours sur 7!
Rédigé par : sonia | mardi 12 octobre 2010 à 21:55
C'est bien de partager son expérience, et visiblement elle le fait sans vantardise aucune ...j'adhère :)
Rédigé par : edwige | mardi 12 octobre 2010 à 22:50
@ Edwige: oui, c'est ce qui m'a plu aussi ! le partage d'expérience.
@ Sonia: tiens, une mamuniste, qui de surcroît n'a pas lu le billet... où on raconte qu'elle est critique elle-même envers sa présence de mère. cela dit si tu penses écrire de meilleurs posts sur des livres d'entrepreneuses, envoie les on les publiera avec joie.
@ cv malin: oui, c'est vraiment intéressant pour les entrepreneuses de voir comment on se positionne par rapport aux encadrés de coaching.
@ Nath: vaste question... dans son livre, elle dit que sa boîte lui prenait tellement de temps qu'elle n'en avait plus pour son époux. c'est vrai que quand tu rentres à 23h, obsédée par ton boulot, qu tu repars à 7h et que tu ne parles que de ça le week-end... c'est difficile. tu en penses quoi, toi ?
@ Héloise: viens nous dire ce que tu en as pensé :)
Rédigé par : Marlene (Maman Travaille) | mercredi 13 octobre 2010 à 07:07
j'en pense que n'ayant jamais voulu choisir, je suis vieille, ridee, chauve... Bon je vais faire un texte et te l'envoyer... ok ?
Rédigé par : Nathinphoenix | mercredi 13 octobre 2010 à 07:32
Nath: what ?? volontiers pour le texte.
Rédigé par : Marlène (Maman Travaille) | mercredi 13 octobre 2010 à 07:43
génjale.moi je suis une mere de trois enfants agée de trente huit ans.mon reve c,est entreprendre.apres avoir lu cet écrit et bien les commentaires qui s'en suivent j,ai eu courage et j,ai soif entense de commencer mes démarches car je viens d,ailleurs de finir mon contrat et je veux plus de renouvellement.je suis en afrique et jai tous les atouts a ma dispositions.me manquaient le courage et de partenariat.le courage je viens de l,acquérir restent de partenaires.jexorte les bonnes volontés pour pouvoir réaliser ce reve sur tous les plans.MES CORDONNÉÉS VOUS SONT DISPONIBLES
Rédigé par : christine | mercredi 13 octobre 2010 à 13:09
Ah j'avoue Marlène que tu me donnes l'envie de lire ce livre et surtout de pouvoir un jour échanger avec elle.
C'est marrant aussi, ce décalage que j'ai pu percevoir en contactant CanalCe pour une éventuelle collaboration, je me suis entretenu avec un homme et ça ne l'a pas fait du tout, on m'a parlé de gros sous tout de suite et de manière excessive. Je suis ravie de voir que la "boutique" est tenue par une femme, qui donne d'elle même, en relevant cette phrase comme Nath "Sa motivation ne semble pas se trouver dans l'amas d'Euros mais plutôt dans la conduite de projet, dans l'action, dans l'amour du travail bien fait"
Rédigé par : laurence aboneobio | jeudi 14 octobre 2010 à 10:42
Je trouve la réponse à Sonia particulièrement agressive : ça porte un nom le fait d'estimer qu'avoir des enfants ne se résume pas à accoucher et l'indiquer en haut à droite d'un CV ? Que ce n'est pas une occupation à temps partiel ?
Avant de me prendre à mon tour un "scud", je précise qu'en ce qui me concerne cela est valable pour les femmes comme pour les hommes : en effet, un enfant, c'est 7j/7, tout du moins en ce qui me concerne...
Ce point de vue vient peut-être du fait que plus jeune j'ai cotoyé un grand ponte d'une des premières sociétés françaises, marié à une avocate internationale, 5 enfants confiés à une nounou depuis leur plus jeune âge (ben oui, maman voyage et papa "dort" au bureau...), très étonné à qu'à l'adolescence, les enfants ne leur parlent pas et partent en live (ben oui quoi, quelle bande d'ingrats, papa et maman leur donnaient plein d'argent de poche !)
Et dernière précision, j'ai plutôt un bon job, avec des responsabilités, mon mari également, tous les 2 un salaire convenable, et vous savez quoi : il y a tous les jours un de nous 2 max à 18h30 à la maison et le 2ème arrive dans 98% des cas dans la demi-heure... et encore plus délire, on travaille également "dans l'amour du travail bien fait"... peut-être finalement plus efficacement que d'autres !
Rédigé par : Diane | vendredi 15 octobre 2010 à 10:02
Diane: euh, pardon de ne pas me laisser faire sur mon propre blog. C'est marrant, je travaille aussi, très bien aussi, mon mari aussi, et il y a toujours l'un de nous qui va chercher ma fille aussi.
Du coup, j'ai du mal à comprendre cet espèce de concours de la meilleure mère du monde, et surtout qui tu essayes de juger ou de convaincre dans ton commentaire ?.. c'est un peu nébuleux.
Je t'avoue que j'ai toujours beaucoup de mal avec les donneuses de leçons et les gens qui pensent "faire mieux". Cela dit le club des mamunistes est grand ouvert, et pas de quoi pour le scud, je passe assez de temps à animer le blog et le réseau Maman travaille pour ne plus me laisser emmerder sans raison.
Excellente journée à toi aussi.
Rédigé par : Marlène (Maman Travaille) | vendredi 15 octobre 2010 à 12:10
Au départ, j'étais enchantée de la critique. ouahh ! quelle femme ! puis vient la famille : divorce, peu de temps pour les enfants.
en fait Canal CE c est devenu son bébé !
et bien moi je dis non à la promotion des femmes qui ont réussi professionnellement en délaissant la vie privée.
et oui à celles qui ont réussi sur tous les plans !
Rédigé par : karine | lundi 18 octobre 2010 à 10:28