Courrier des mères actives #1
Maman-toute-puissante (comme Bruce)

Maman Travaille à la conférence "La révolution numérique et les femmes / l'emploi"

Maman travaille microsoft femmes numerique
Mardi dernier donc, chez Microsoft, toutes celles qui s'intéressent aux relations entre les femmes et la révolution numérique avaient bravé la neige. Thèmes de la conférence du jour, au campus Microsoft: Emploi: les outils numériques, facteur de réduction des inégalités hommes/femmes ? Difficile de synthétiser plus de 3 heures d'échanges !

Nathalie Wright de Microsoft, Luc Jerabek, DG de l'Agence des Nouvelles Solidarités Actives, Véronique Morali de Forces Femmes (soutien aux femmes de plus de 45 ans pour leur retour sur le marché du travail) et Brice Teinturier de l'IPSOS nous ont présenté une étude instructive - la première du genre - sur les femmes et la révolution numérique.

Vous en trouverez une synthèse exhaustive sur Maviepro.fr, le rendez-vous des femmes actives représenté par sa rédactrice-en-chef Corinne Dillenseger, ou sur Le Monde Informatique

Emmanuelle Gagliardi, directrice du business magazine L/On Top et fondatrice de Interdit-aux-hommes, (qui m'a conviée à participer au débat) a présenté le plateau d'expertes: (attention au name dropping, c'est pour situer)

 

Brigitte Grésy, IGAS (que vous lisez aussi sur Politicia) Natacha Quester Séméon (avec qui j'étais membre des "Vigilantes" aux Etats Généraux de la femme ELLE) Isabelle Juppé (auteure de La Femme digitale, Ed. JC Lattès, l'une des premières à faire connaître Maman Travaille peu après sa création via Terra Femina et Fémina.fr) Mounia Rkha (cofondatrice du réseau Girls In Tech) Valérie Dagand, présidente du réseau Cyber Elles, les femmes qui font le web (à l'initiative du concours Power Starter dont Maman travaille était partenaire)

Dans la salle, trois intervenants pour animer le débat, dont une représentente d'ActionElles, et moi-même pour Maman Travaille. J'oublie des gens, pardon d'avance, je n'ai pas noté tous les noms. Nous avons donc tenté de comprendre en quoi et pourquoi le numérique pouvait être réducteur des inégalités hommes / femmes, via les éclairages des expertes:

Isabelle Juppé a entre autres rappelé que les femmes et le web avaient un lien particulier, qu'elles en soient "utilisatrices", "actrices" ou "magiciennes" et a cité l'exemple d'Anne Lataillade dont elle dresse le portrait dans son livre. Valérie Dagand a mentionné des exemples de réussite de Cyber Elles, comme Yseulys Costes ou les lauréates de Power Starter, Anissa Mandouri, Mélanie et Julie Khim et Karin Warin. Brigitte Grésy a rappelé pour sa part le fossé qui existe entre les femmes cadres pour qui le numérique est un accélérateur de carrière, et les femmes précaires pour qui le web est excluant (pas d'accès aux offres d'emplois, etc)

Pour ma part, j'ai tenté de porter la parole des mères actives en insistant sur plusieurs points, en vrac, avec plus ou moins de "euh" et avec plus ou moins de profondeur:

- La difficulté à trouver un mode de garde fiable qui nous conduit parfois à quitter un emploi salarié sous la contrainte pour nous diriger vers du free-lance, du mi-temps, du télétravail, qui sont parfois le "dernier recours" pour garder un pied dans la vie professionnelle

- Le coût des nourrices à plein temps (ce qui n'est d'ailleurs pas un lourd salaire pour elles au final) qui empêche les jeunes mères des classes moyennes de rester sur le marché du travail salarié après une naissance (dont moi) (j'ai insisté sur ce point car la tribune et l'assistance me semblait composée de femmes dirigeantes et cadres sup, je n'étais pas certaines qu'elles en soient conscientes)

- Le phénomène des Mompreneurs

- Le fait que 80% des tâches ménagères soient encore accomplies par les femmes, ce qui peut les conduire à vouloir télétravailler pour gérer à la fois le travail et le ménage, et mettre un coup de frein à leur carrière

- Le rôle du web (et notamment les forums, les blogs et Facebook) dans la vie sociale des mères d'enfants de 0 à 3 ans, qui gardent leur enfant à la maison en travaillant ou pas, et pour qui c'est un lien vers l'extérieur et qui peut leur permettre 1/ de garder des contacts avec autrui, 2/ de trouver du travail, 3/ de se découvrir des compétences ou des aptitudes

- La formation du blog / réseau Maman Travaille, les propositions Maman Travaille, dont celle ayant trait au télétravail et celle concernant l'allongement et la meilleure rémunération du congé paternité (en évoquant le baby-blues lié à la solitude des mères sur qui trop de responsabilités pèsent)

- La façon dont les jeunes mères peuvent professionnaliser leur temps passé sur Internet

 

J'en oublie peut-être.

J'ai trouvé la salle (200 personnes m'a-t-on dit, je suis nulle en chiffres) concentrée mais assez difficile (je suis habituée à des audiences plus "faciles" dans le sens de plus "conquises d'avance" et il était difficile de passer après des hyper-pros comme Brigitte Grésy. L'assistance a néanmoins sourit à mon évocation d'Amour, Gloire et Beauté, ("Si Internet n'existait pas, à cette heure ci je serais sans doute chez moi en train de regarder Amour, Gloire et Beauté en attendant que ma fille rentre de l'école") et a applaudit à une seule reprise (hormis la fin) après une intervention de la maire adjointe d'Issy-les-Moulineaux se défendant d'être féministe, quand Natacha Quester lui a répondu que féministe n'était pas un gros mot.

Je n'ai pas pu rester au cocktail qui suivait, mais j'ai trouvé les débats riches et instructifs, j'ai beaucoup appris en écoutant parler les différent/es intervenant/es, chacun d'entre eux et elles pourrait faire l'objet d'un ou plusieurs articles. Je vous invite à lire les résultats de l'enquête, qui permettent aussi aux professionnels du web que nous sommes ou aux très bons connaisseurs que vous êtes d'ouvrir les yeux sur la réalité de la connexion en France (au passage, un article sur La Fracture numérique à Neuilly écrit par mes soins vient d'être donné en examen du DELF) par exemple, elles sont nombreuses à ne pas avoir un mail sécurisé et personnel pour leurs recherches d'emploi...

Bref, toute initiative visant à présenter des femmes expertes d'un domaine ou à mettre en avant la vie professionnelle des femmes est à mon sens à saluer. Merci donc à Microsoft, Force Femmes, l'Agence des Nouvelles Solidarités Actives et Emmanuelle Gagliardi, directrice de L/On Top.

Pour l'anecdote, le lendemain, à la conférence Le Web 10, seules 8 intervenants sur 100 étaient des intervenantes.

Commentaires

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Une autre Claire

Merci Marlène !
Ca me rappelle une conférence durant laquelle on m'avait démontré en quoi les femmes préfèrent finalement les métiers techniques et les niches technologiques pour éviter les évolutions de carrières managériales... Poussées par leurs hiérarchies qui ne leur propose pas d'évoluer dans ce sens, elles se spécialisent de plus en plus pour finir bloquées dans un domaine. La conférence était là pour expliquer, entre autres aux RH, qu'il fallait anticiper un minimum ces situations.
Finalement, oui les outils numériques peuvent diminuer ces inégalités, car ils sont de plus en plus accessibles, mais ca ne doit pas être une finalité mais à mon avis plutôt un outil ou un support car on y passe de plus en plus de temps et attention de ne pas s'y retrouver piégées.

Sophie (Le Monde de Noé)

Ca devait etre super interessant ! Et je me sens super visée ;) Ne pouvant pas continuer là où j'etais avant ma grossesse, j'ai cree mon entreprise sur le net. Mais c'etait sans compter la difficulté de trouver une place en creche (bah oui je travaille chez moi donc, je peux m'occuper de mon bambin... ;( ...grrrr) sans parler du cout financier qui est assez lourd qd on commence une activité. J''ai mis le fiston que 2 jours par semaine dans une creche privee qui m'appelle quand il y a des absents. Bref, la prochaine, je peux venir à la reunion ? ahah lol

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