Associations de mères au foyer féministes, candidate voilée se revendiquant féministe, féministes en wonderbra, ministre de droite féministe... les égéries du féminisme ont bien changé depuis les Pasionarias (allusion au site) du MLF. Amenant de nombreuses questions, comme:
Peut-on être féministe et mère ?
Peut-on être féministe et mère au foyer ?
Peut-on être féministe et mariée ?
Peut-on être féministe et actrice X ?
Peut-on être féministe et prostituée ?
Peut-on être féministe et homme ?
Peut-on être féministe et hétéro ?
Peut-on être féministe et homo ?
Peut-on être féministe et de droite ?
Peut-on être féministe et voilée ?
Peut-on être féministe et religieuse ?
Peut-on être féministe et femme battue ?
Peut-on être féministe et harceleuse ?
Peut-on être féministe et rire aux blagues de blondes ?
Peut-on être féministe et faire son fond de commerce de casser d'autres femmes ?
Peut-on être féministe et accro du shopping ?
Peut-on être féministe et libérale ?
Peut-on être féministe et lire des magazines féminins ?
Peut-on être féministe et timide ?
Peut-on être féministe et épilée ?
Peut-on être féministe et au Front National ?
Peut-on être féministe et allaiter ?
Peut-on être féministe et écologiste ?
Peut-on être féministe et vouloir se faire tenir la porte ?
Peut-on être féministe et aimer les hommes ?
Peut-on être féministe sans être humaniste ?
Toutes ces questions sont posées régulièrement, partout, dans des milieux variés. Je me garderais bien de vous faire ici un récap de l'histoire mondiale du féminisme, d'abord parce que ce serait beaucoup trop long, ensuite et surtout parce que je risque d'omettre des (nombreux) éléments.
Force est de constater qu'il en va des féministes comme des mères, des femmes ou des politiques, (et on pourrait élargir) il y a des pour, des contre, des acharnées, et toujours quelqu'un pour se trouver "plus" que quelqu'un d'autre (plus légitime, plus concerné, plus engagé, plus représentatif, plus "dans le vrai"), et pour établir un genre de "police du féminisme", distribuant les bons et les mauvais points et décidant de vous attribuer ou de vous retirer un genre de "carte du féminisme", pourvu que vous entriez dans des critères et fassiez un chèque en blanc pour assurer que votre définition du féminisme s'adaptera en tout et pour tout à celle de votre interlocutrice.
Pas plus tard qu'hier, intervenant à une conférence sur le thème de la conciliation carrière / maternité au Forum des Femmes de Suresnes, la salle était d'accord pour dire que "les femmes des jeunes générations, les 25-30 ans, ne sont plus féministes..." là, j'ai avalé mon micro.
Pendant les débats des Etats généraux de la femme, nous étions 12 "vigilantes" plus 6 personnes de la rédaction de ELLE (et avant de lire des sarcasmes, ces personnes ne sont pas "spécialistes en vernis", ce sont des grand reporters société, ayant pour la plupart des dizaines d'années d'expérience notamment en journalisme politique, sourire...) Aucune d'entre nous n'avait la même définition du féminisme.
Quand Audrey Pulvar a affirmé, la première, "Je suis féministe" elle a vu l'assemblée hocher la tête. Quand elle a ajouté "Par exemple, je n'admets pas que le collège de ma fille intervienne sur la taille de sa jupe, en banissant les mini-jupes", (ces propos sont rapportés de mémoire et pas forcément exact dans leur construction) l'assemblée a commencé à murmurer et à débattre.
Par la suite, interrogée dans le cadre de ces mêmes Etats généraux de la femme, on m'a posé une question pour une vidéo: "Êtes-vous féministe ?" Une question simple qui devrait appeler une réponse simple. Mais pour commencer, qu'est-ce que "être féministe ?" Est-ce comme le rappelait Nadia Butaud "Simplement être pour l'égalité entre l'homme et la femme, ni plus ni moins" ou est-ce qu'on met derrière ce mot d'autres concepts sous-entendus ?
A la conférence Microsoft sur les femmes et la révolution numérique, l'adjointe au Maire d'Issy-les-Moulineaux a déclaré: "Je ne suis pas féministe..." ce à quoi Natacha Quester-Séméon lui avait répondu: "Ce n'est pas un gros mot, vous savez..." et s'était fait applaudir par la salle entière.
Pour ma part, je ne dirais pas "Je ne suis pas féministe".
Mais dirais-je pour autant "Je suis féministe " ?
J'ai répondu à cette question, gardant à l'esprit que chaque propos serait sans doute repris et diffusé hors de la salle, qu'il fallait donc d'abord définir le féminisme. Que ma définition en était l'égalité entre les hommes et les femmes, les mêmes droits pour tous. Mais qui décide de qui est féministe ? Est-ce un statut, une qualité, une qualification, un titre, un engagement ?
Elizabeth Badinter, Evelyne Sullerot, Louise Michel, Rosa Luxembourg ou Simone Veil sont féministes. Elles ont mérité ce titre. Mais moi, qu'est-ce qui m'autoriserait à m'auto-déclarer féministe ? Intervenir dans les médias (et le payer cher ensuite en messages de menaces - de la part de femmes curieusement) en faveur de l'égalité au travail, des mères actives, du partage des tâches ménagères ?
Avoir tourné un court métrage sur le sujet, des projets sur l'emploi des femmes, monté un site féminin alternatif, puis un réseau de mères actives ? Avoir créé un blog de femmes politiques ? Motiver autant que possible les femmes dans les réseaux auxquels j'appartiens ? Proposer du contenu éditorial différent, paritaire, à mes clients ? Refuser d'entrer dans des cases, dans les deux sens (ce n'est pas parce que je suis une fille que je dois aimer les chaussures, mais ce n'est pas pour ça que je dois détester les filles qui aiment les chaussures - c'est un exemple)
" Bof " me dis-je en mon for intérieur. (oui, j'ai un champ lexical de la conviction varié)
Tout ça n'est que normal, le minimum syndical, n'a pas forcément d'impact et ne m'autorise pas à me décrêter "féministe" et à me cacher derrière la phrase "je suis féministe" pour m'autoriser après, dans la vie quotidienne, des débordements, et m'ériger à mon tour en policière du féminisme !
Pour conclure ma réponse, j'ai donc repris ma courte liste de femmes féministes à mes yeux, et répondu: "Je ne crois pas boxer dans la même catégorie que ces féministes, et donc non, je ne peux pas m'auto-déclarer féministe. Mais si on me qualifie de féministe, je ne le renierai pas et accepterai volontiers le compliment." Bon, au final, c'est devenu "Marlène répond qu'elle est féministe" mais sur un film de 20 minutes, difficile de garder 17 minutes de monologue introspectif, je le comprends bien.
Mais je me sens d'autres choses avant d'être féministe. C'est un genre de pack. Je me sens humaniste, égalitariste. Je veux croire à la solidarité féminine. Mais je veux aussi croire à la solidarité tout court. Je me sens plus proche d'un jeune Noir de cités au chômage que de Liliane Bettencourt. Plus proche d'un quadra parisien libertin que de Carla Bruni-Sarkozy. Mais aussi plus proche d'une ado mère-fille d'un village au bout de la France que du jeune homme qui l'a mise enceinte avant de partir, plus proche d'une rédactrice de magazine féminin que d'un "bon client" d'émissions politiques de n'imorte quel parti, plus proche d'un jeune papa interdit de visite chez ses enfants que d'une femme harceleuse en entreprise, plus proche d'une femme qui se bat pour diriger son entreprise que d'un homme qui ne s'occupe pas de ses enfants, et plus proche d'une femme excisée et affamée du Sahel que de mon voisin de pallier, chirurgien esthétique et militant royaliste de son état.
Et avant tout, avant de déclarer "je suis féministe", avant de surveiller les actes et les paroles des autres, je surveilles les miens et les miennes.
Il n'y a rien de plus facile que d'aller dénoncer "Unetelle a lu Public"; "Untel glande devant la télé pendant que sa femme lave ses chaussettes"; "Unetelle accepte d'être moins payé qu'un homme" "Unetelle a fait du botox"... C'est comme les gens qui se déclarent anticonformistes parce qu'il disent "quelle merde" en public, ou crachent sur les autres. C'est tellement plus facile de "dénoncer" que de faire !
Même si parfois (souvent ?) je suis virulente (envers les mamunistes, les adeptes du régime Dukan ou la domination masculine) je ne considère pas les autres femmes comme des dangers ou des ennemis.
Pas plus que je ne considère les hommes comme des dangers ou des ennemis. Je considère mes congénères hommes et femmes comme des alliés potentiels, comme des amis potentiels, comme des égaux, commes des humains: ni plus, ni moins. Et sous des airs Bisounours, cette façon de penser n'est pas si courante que ça.
S'acharner à se battre entre soi et tenter de convaincre les autres de choses auxquelles nous, nous croyons déjà, me semble plus facile que de se taire et de les écouter: leurs façon de penser n'est pas forcément plus mauvaise que la notre, personne ne détient la vérité universelle.
Et pendant qu'on débat et qu'on se tire les cheveux pour savoir qui mérite ou qui ne mérite pas d'être appelée "féministe", alors qu'on pourrait s'entraider, pendant qu'on se tape dessus pour une question sémantique, la domination masculine avance.
Je remarque une chose au passage. Dans ma vie personnelle et professionnelle, j'ai été aidée, cooptée, promue, soutenue par des gens. A de rares exceptions et dans l'immense majorité, par hasard ou par coïncidence, ces gens étaient de genre masculin.
Alors, peut-on être féministe et...?
A lire sur le même thème:
Maman travaille, papa déprime ?
Les JAF devraient réactualiser leurs références (article de Chaker dans le cadre de la semaine Papa travaille, pour la journée de la femme 2009)
La presse féminine (par Evelyne Sullerot)
Les NOUVELLES News: les infos paritaires cachées
Violences, la honte doit changer de camp (tribune de Marlène Schiappa paru dans ELLE)

Je voulais vraiment venir t'écouter et les autres hier à Suresnes mais ça tombait mal ce samedi là.
Pour ce qui est du féminisme, je dirais qu'on l'est tous quelque part un chouia, non? Car je considérer qu'être féministe, c'est militer pour avoir le choix: le choix de travailler ou de rester à la maison, d'allaiter ou de donner le biberon, de porter une mini jupe ou un pantalon... Je suis peut-être dans la caricature mais ce que je veux dire c'est qu'être féministe c'est considérer que la femme peut choisir, en soi âme et conscience sans qu'elle ait besoin de tuteur... Est-ce trop demandé?
Rédigé par : Oum | dimanche 06 mars 2011 à 12:33
BRAVO pour ce post!
il montre que l'on doit toujours penser à réfléchir, nuancer, s'interroger... pour ne pas s'auto-conditionner dans une posture pro- ou anti- ...
Pour ma part j'ai bien la certitude d'être féministe... dans le sens d'humaniste.
Et selon moi, le féminisme est là, non pas pour contraindre les femmes à une certaines liberté (oui je sais c'est concept ;-), mais pour leur permettre de CHOISIR leur façon de vivre.
Alors, pour cette raison, je pense qu'on peut être féministe et femme au foyer, féministe et voilée, féministe et prostituée, féministe et catho, féministe et fan de scrap-booking tendance canevas. Dois-je préciser qu'un homme peut évidemment être féministe?
Si une femme choisit sa vie, sans avoir subi de pressions de son mari ou de quiconque, et si donc la conséquence est qu'elle s'exclut d'une CERTAINE idée de la liberté, selon moi elle devrait tout de même REJOUIR les féministes plutôt que de se faire JUGER par elles...
Et c'est malheureusement cela qui me déçoit parfois dans l'idéologie féministe: c'est la rigidité des postures et des discours de certains membres ou courants de pensée... qui, au lieu de se battre pour que les femmes puissent vivre comme elles l'entendent, se battent pour imposer aux femmes, en n'oubliant pas de les infantiliser au passage, un autre modèle, certes, (un cliché, une apparence de la femme libre occidentale), mais tout aussi rigide.
Mon féminisme idéal?:
Même si l'on n'aime pas allaiter, on doit se battre pour laisser la possibilité de le faire à celles qui le souhaitent, tout autant que la liberté de donner le biberon.
On peut avoir personnellement le besoin et la satisfaction de s'épanouir dans une carrière brillante et très rémunérée, et être solidaire d'une femme qui décide que son épanouissement passe par le congé parental. Et inversement.
On peut considérer personnellement que la mini-jupe ne nous apporte aucun "plus" dans notre situation de femme, voire qu'elle nous avilit... et pourtant accepter que d'autres femmes fassent le choix inverse.
Idéal... et utopique, donc.
Le problème du féminisme, c'est qu'il englobe des femmes, toutes très différentes... et pour être honnête, je ne suis pas sure que les femmes puissent un jour s'unir pour une même cause.
La catégorie "femmes" est bien trop disparate et floue pour aboutir à un combat précis...
mais finalement c'est peut-être sain, qu'on soit toutes différentes.
Rédigé par : UneChambreàMoi | dimanche 06 mars 2011 à 14:36
Mais il faut bien trancher quelque part : si on propose d'allonger le congé de maternité par exemple certaines féministes (?) vont opposer que cela va dissuader d'embaucher des femmes ou "éloigner trop longtemps les femmes du marché du travail", etc. Certaines non-féministes (??) trouveront que c'est extrêmement appréciable de pouvoir profiter plus longtemps de son bébé.
Les deux points de vue existent et se défendent, mais sont difficilement conciliables (ce congé, on l'allonge ou pas ?)....
Rédigé par : Nathalie | dimanche 06 mars 2011 à 16:52
@Nathalie: allonger le congé paternité!!! :)
sinon, super article qui montre aussi pourquoi c'est si difficile parfois puisque tout le monde n'a pas la même notion de ce qui est "normal" ou pas et tout le monde ne voit pas des problèmes au même endroit.
en même temps c'est riche, ça apporte le débat...
sinon je dirais que dès qu'on ose dire à haute voix qu'on est féministe, on l'est.
car vu l'image pourrie qu'on a collé à ce terme, il faut être convaincue pour supporter les sarcasmes qui s'ensuivent :)
Rédigé par : Gabrielle | dimanche 06 mars 2011 à 19:18
Gabrielle si c'est le père qui bénéficie d'un surplus du congé ce n'est pas toi qui est avec le bébé :-(
Rédigé par : Nathalie | dimanche 06 mars 2011 à 20:11
Bonjour,
je suis ce blog depuis un bout de temps, mais cet article est vraiment trop excellent pour que je puisse le lire sans laisser de commentaire.
J'en profite aussi pour y ajouter mon grain de sel. Comme unechambreàmoi, j'ai une tendance à définir le féminisme comme une volonté d'obtenir le droit au choix, et pour tou(te)s.
Pour autant, je suis un brin contre l'égalité homme-femme. Et oui, je suis pour l'équité ! Que je m'explique, les hommes et les femmes sont différents de façon intrinsèques. L'exemple le plus parlant est sans doute la maternité. Un homme ne peut pas être enceinte et ne peux pas accoucher ni allaiter, même s'il le souhaitait très fort. Par conséquence, lorsque l'homme devient père, il n'est pas passé par toutes les étapes que la mère vient de traverser et ne peux donc pas prétendre à un congé maternité. Par conséquent je suis pour le fait que le congé maternel soit le plus long des deux, et donc contre l'égalité homme-femme. Je suis même pour un allongement certain de ce congé maternité (OK, je suis aussi pour l'allongement du congé paternité qui est juste ridiculement court).
Dans la même idée, il me semble nécessaire que la législation française protège spécifiquement les femmes sur certains point, comme par exemple la reprise du travaille après un accouchement. En revanche, je suis contre le fait de légiférer spécifiquement pour les femmes sur l'égalité des salaires, car cela reviendrait à dire que le législateur fait une faveur aux femmes. Or, travaille égal mérite salaire égal, et c'est tout !
Merci encore pour cet article
Rédigé par : hamidouce | lundi 07 mars 2011 à 10:05
je suis entièrement d'accord avec "uneChambreàMoi".
Etre féministe pour moi, c'est permettre aux femmes de faire leurs choix, et de les assumer.
C'est pas "pour ou contre allaiter" ou "pour ou contre le voile", ça n'a jamais été "pour ou contre la pilule" ou "pour ou contre l'avortement". C'est pour la liberté de choisir l'un ou l'autre, librement, en toute connaissance de cause et sans pression.
Rédigé par : Suzanne | lundi 07 mars 2011 à 10:08
Moi, je dirais que le féminisme, ce serait plutôt se battre pour que toutes les femmes puissent avoir le choix.
Concernant le congé maternité, l'allonger est une bonne idée, parce que parfois au bout de 10 semaines, ben, le bébé, il fait pas ses nuits, et reprendre le boulot, ben courage.
Mais il ne faut pas oublier que rien n'oblige à prendre toute la durée, je crois que l'on peut se limiter à 4 semaines post-partum, et n'oublions pas que les indépendantes n'en prennent même pas parfois !
L'allaitement, c'est pareil, on doit pouvoir soutenir celles qui veulent sans aller crier sur celles qui ne veulent pas.
Bref, le vrai combat féministe, ça doit être la liberté sans jugement !!!
Rédigé par : irina | lundi 07 mars 2011 à 10:43
En effet pour moi être humaniste passe avant être féministe. Cela dit il est plus évident de s'occuper des problèmes dont on se sent proches (ceux des femmes en l'occurrence) car on est d'emblée plus qualifiée pour cela étant donné que c'est quelque chose que nous vivons ! Le fait que de nombreuses femmes se détachent du "féminisme" provient d'une peur latente d'être identifiée comme rebelle...De très nombreuses femmes sont garantes du conformisme ambiant de la société ainsi que des inégalités hommes-femmes toujours très présentes dans la société française en particulier (43ème pays mondial en termes d'égalité sexuelle).
Le documentaire "La domination Masculine" explique très bien les tenants et aboutissants de ce système : tant que certaines penseront qu'il est plus "facile" de subir que d'agir le système changera difficilement...Les hommes qui, de plus en plus nombreux, réfléchissent à leur place de dominant ne sont pas à blâmer plus que les femmes, nombreuses elles aussi, qui préfèrent ne pas penser à leur statut de dominée...
Cela est particulièrement vrai pour les femmes de milieux sociaux élevés, qui par naissance ont plus de droit et de possibilité d'agir pour les autres, mais sont arrivées à une certaine égalité et ne prennent plus ou peu la peine de se battre pour les autres...
Rédigé par : lucile reynard | lundi 07 mars 2011 à 13:24
@Nathalie, j'imaginais plutôt une période après la naissance ou le père ET la mère sont en congé pour s'occuper TOUS LES 2 du bébé, histoire de prendre tout de suite des bonnes habitudes!
Rédigé par : Gabrielle | lundi 07 mars 2011 à 14:15
J'ai du mal avec le mot "féministe"... parce que c'est promouvoir la liberté de "la femme", que c'est excluant pour les hommes, alors que je serai plus a l'aise que ce soit un combat pour "l'être humain" féminin / masculin.
Je me definierai plus "paritariste". J'estime que le père a autant le droit d'avoir du temps avec son bébé,que la mère... Et de ce cote la les hommes qui le revendiquent, passent pour des gros charlots, surtout dans le monde professionnel.
La contraception masculine, beaucoup d'hommes la demande,parce que ca leur permet aussi de choisir le moment de devenir père... Beaucoup de combats "féministes" seraient bienvenus pour les Hommes. (l'homme objet et la dictature du porno dans la représentation du corps...)
L'égalité de salaire, c'est aussi un combat masculin...
Sauf que les hommes qui le revendiquent sont largement moins nombreux,question d'éducation peut-être.
Alors le combat est porte en majorité par les femmes.
Car tant que l'on ne reconnaitra pas que les femmes ont le droit de choisir leur vie on aura encore besoin de ce type de combat.
Bravo pour cette interrogation qui fait écho chez beaucoup de femmes et d'hommes !
Rédigé par : Nathinphoenix | lundi 07 mars 2011 à 19:41
Bravo Marlène, c'est un tres joli post ! Tant que toi (plus ou moins mon porte-parole) tu continueras a te remettre en question, c'est que le débat avancera, c'est rassurant !
Rédigé par : Une autre Claire | mardi 08 mars 2011 à 16:27
au passage, voilà ce que disait il y a 1 an Chantal Brunel, rapporteur à l'observatoire de la parité (celle qui veut remettre les immigrés dans les bateaux...):
http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouillage/42-cafouillage/295-qje-ne-suis-pas-feministe-je-suis-marieeq
Rédigé par : Suzanne | vendredi 11 mars 2011 à 20:26
Gabrielle, les semaines qui suivent la naissance sont un temps très particulier, ce n'est peut être pas là que la présence du père est la plus nécessaire ? Un congé paternité/maternité représente un coût pour la société, il faut donc bien peser son intérêt réel.
D'autre part à moins d'être très fusionnels, être avec son conjoint 24H/24 peut s'avérer vite pesant, surtout dans une période de réorganisation délicate. Enfin je craindrais qu'après s'être acquitté de sa période d'inactivité forcée, le père se désengage tout autant par la suite: rien à voir entre prendre très ponctuellement 2, 3 semaines de congé et, des années durant, penser aux fournitures scolaires, aux vaccins, passer au poney-club, laisser tomber rapports et réunions pour aller chez le pédiatre, l'orthophoniste, le spectacle de fin d'année, au RV avec la prof de français, ...
Rédigé par : Nathalie | samedi 12 mars 2011 à 16:12
Le choix est une utopie, a moins d'avoir un revenu confortable, quelques économies, et de pouvoir se permettre de décider de prendre un congé parental (souvent mal vu). Si tu as vraiment besoin de ton salaire il est alors peut être plus intéressant financièrement de faire garder ton bébé, que tu en aies envie ou non.
Si par exemple le congé parental était bien rémunéré les "féministes" feraient remarquer, certainement avec raison, que les femmes/les hommes avec un faible salaire n'ont plus le "choix" de pouvoir travailler, puisqu'il est alors plus avantageux de rester à la maison...
Si le congé maternité est de X semaines, avec Y semaines pour le conjoint, je n'ai pas non plus le choix - et il paraît difficile de procéder autrement ?
Rédigé par : Nathalie | samedi 12 mars 2011 à 16:42
Bonjour,
cette vidéo sur Youtube résume très bien ce qui pour moi est la raison d'être du féminisme:
http://www.youtube.com/watch?v=dIjiqeUx4fk
Tant que hommes et femmes ne seront pas égaux, nous devront être féministes. Merci Daniel Craig et Judy Dench.
PS: quelqu'un devrait l'envoyer à Sarkozy, pour qu'il comprenne à quoi sert la journée de la femme.
Rédigé par : magou | lundi 14 mars 2011 à 10:08