Avant-dernier volet de la semaine spéciale "Famille Recomposée" par Elodie Cingal, psychothérapeute.
- 1. La fratrie s’agrandit
Les plus grandes difficultés apparaissent avec la confrontation de deux fratries. Des enfants se voient imposés d’autres enfants, une nouvelle organisation et l’obligation de faire avec. Les complications continuent avec les modes d’éducations qui ne sont pas forcément les mêmes. Comment faire ? Comment faire pour traiter mon enfant et le sien de la même manière ? Dois-je les traiter pareil ? Dois-je appliquer avec chacun l’éducation qu’il a reçue auparavant pour maintenir les habitudes ou dois-je faire un mélange des deux éducations ?
La confrontation de deux fratries et donc deux éducations, deux habitudes, deux rythmes rend la vie commune souvent difficile.
a/ le beau parent a des enfants
Bien évidement, on commencera par dire aux enfants des deux cotés qu’ils ne sont pas obligés d’aimer tout le monde mais qu’il doive respecter l’autre comme ils aimeraient que celui-ci les respectent. En bref, « tu n’es pas obligé de jouer avec lui mais tu lui dois les mêmes bases de politesse qu’à tous ».
On fera son maximum pour offrir à chaque fratrie son intimité, donc son espace.
Pour les règles, si elles sont très opposées, il ne faut pas se leurrer, cela passera par des disputes d’adultes, des jalousies, des querelles d’enfants, des manipulations d’enfants…etc. Un enfer, parfois !! Mais, petit à petit, à force de persévérance et à force de montrer aux enfants qu’ils sont entendus, vus mais pas pour autant les chefs, les choses se feront et une organisation naitra.
Il est important de ne rien forcer entre les enfants. Il vaut mieux les laisser s’apprivoiser doucement que de les braquer. Le temps est très souvent en faveur d’une issue positive.
Encore une fois, il est essentiel que chaque parent offre à son enfant des moments spéciaux qui excluent la nouvelle famille.
Il existe une autre difficulté : un enfant en en résidence exclusive chez maman et l’enfant du beau-père en DVH tous les 2 week-ends. On peut se mettre à la place de cette enfant qui se sent en transit, qui se met à jalouser l’autre enfant car il a accès à son papa plus que lui. L’enfant lésé se mettra à fantasmer sur tout ce qu’il n’a pas et qu’il imagine l’autre enfant avoir. Il est donc important de le rassurer sur ce qui se fait en son absence, lui casser son fantasme et le mettre dans la réalité de la vie durant son absence. Racontez-lui les 15 jours durant son absence. Et surtout, préparez sa visite, créez un rituel entre le parent et l’enfant et d’autres avec la famille.
b/ Un enfant est en cours
Maman et le beau-père vont avoir un enfant, la femme de papa est déjà enceinte ! Les parents sont toujours heureux d’annoncer la nouvelle à leur enfant. Sauf que … celui-ci n’a pas forcément envie de voir le bébé interférer dans sa nouvelle organisation.
La naissance d’un enfant signifie le 5ème ou 6ème changement non décidé dans la vie d’un enfant. La nouvelle n’est pas forcément mauvaise mais elle est déstabilisante.
Très vite après l’annonce, l’enfant accueillera la nouvelle positivement. Elle signifie que cette nouvelle famille est sérieuse et définitive. Elle signifie pour l’enfant qu’il va enfin pouvoir se poser, se reposer. L’enfant se sent investi par le projet et n’a pas de problème à s’imaginer avec le nouveau-né.
Je conseille à tout parent et beau-parent de ne pas parler de demi –frère/ sœur. Pour l’enfant, les choses sont simples. Cet enfant est un prolongement de lui et non pas d’un demi lui. Une petite sœur, un petit frère va arriver.
L’enfant à naitre ne doit surtout pas déloger l’enfant déjà là. Ou alors, il s’agit de faire comprendre à ‘l’enfant que s’il est délogé de sa chambre c’est parce que lui-même a grandi et il mérite une plus grande chambre ou n’importe quel argument le mettant en valeur, et uniquement lui.
Elodie Cingal est psychothérapeute, spécialiste notamment des relations familiales. Elle exerce à Paris et est bénévole auprès de l'association SOS Papa. Elle décrypte pour nous les relations dans les familles recomposées au cours d'une semaine spéciale consacrée au sujet.

Mon mari a deux enfants. Nous avons beaucoup parlé avec eux du fait que nous aurions des enfants ensemble. L'annonce de ma grossesse a donc été a priori bien vécue. 3 ans plus tard (et nouvelle grossesse), ils sont tous les 2 très proches de leur petit frère qui leur rend bien, et chaque séparation est une déchirure... Ils sont même déçus de ne pas être présents pour cet accouchement. Je suis ravie de cette fratrie différente que nous tentons de rassembler même si mon beau-fils prétend ne pas avoir de petit frère à l'école...
Rédigé par : Fiffy | vendredi 15 avril 2011 à 14:30