Cette semaine, Stéphanie Will, fondatrice de SW & Vous ( et membre actif de l'association Maman Travaille), nous parle de son travail, de son concept d’Assistant Business Personnel, et nous donne quelques conseils pour intégrer des réseaux professionnels.
Stéphanie, tu as créé Stéphanie Will & Vous, une agence d'assistants projets. C'est une idée originale, comment est-elle venue à toi ?
C’est le produit de mon vécu professionnel et du savoir-être que j’injecte dans tout ce que je fais. Le concept d’Assistant Business Personnel est ma création, même s’il a beaucoup évolué depuis la genèse de l’idée - en 2006 ! Aujourd’hui, c’est devenu de l’assistanat d’élite qui équilibre parfaitement support et expertise auprès du dirigeant / chef de projet. La Fédération Française des Métiers de l’Assistanat et du Secrétariat me référence comme l’un des porte-paroles de la profession, et c’est une grande fierté de voir mon concept reconnu et légitimé.
Entreprendre, ça t'a permis d'exploser le plafond de verre ? As-tu l'impression que le salariat brime les femmes ?
Honnêtement, je suis mal placée pour juger de cela. Mon grief principal est lié au diplôme, puisque mon bac+2 (DUT communication des entreprises) m’a fermé les portes du recrutement en CDI et a contribué à me faire entrepreneuse. Mais mon activité indépendante me permet à présent d’entrer dans différentes structures, et j’observe qu’il y a un vrai problème d’accueil des femmes mères en poste. Elles sont souvent tétanisées par l’annonce de leur grossesse, ou leur retour de congé maternité. Cette angoisse nous dit quelque chose.
Tu te fais "coacher" professionnellement, pour toi, c'est nécessaire ? Qu'est-ce que ça t'apporte ?
... Oh la la oui ! Le coaching m’a permis de ne pas «exploser en vol», alors que mon activité démarrait très fort, mais que les exigences étaient très grandes et que tous les pièges de l’entrepreneuse solo m’attendaient. On a tant à apprendre quand on est en création d’entreprise, que si on se laisse submerger par la production, on perd sur tous les tableaux : rentabilité, mental, expertise... et même respect de son client ! Ce n’est pas un hasard si le business coaching est avant tout l’apanage des hauts cadres et dirigeants.
Tu fais partie de plusieurs réseaux professionnels : est-ce une nécessité ou un luxe ? Peux-tu nous en dire quelques mots ?
C’est un luxe parce que cette année j’ai fait sauter la banque en adhésions et réseaux ! C’est un budget déraisonnable pour une jeune entreprise (et une assistante qui facture à l’heure), mais j’ai trouvé mon rythme de croisière et le réseau nourrit aussi mon activité professionnelle, où il faut que je sois très en veille sur la vie économique et l’humain dans l’entreprise. Je privilégie les réseaux de convivialité et j’apprécie les réseaux mixtes de créateurs comme les réseaux très féminins, entre assistantes ou Mompreneurs.
Quel conseil donnerais-tu à une femme active qui cherche un réseau auquel participer ? Comment le choisir, s'y intégrer...?
Le réseau est une activité chronophage, dans laquelle il faut savoir être généreux et à l’écoute, et qui se teste sur une période d’un an environ. Bref, il ne faut pas être pressé, et ne pas en attendre une gratification immédiate ! Une femme active doit en premier lieu se rapprocher de celles et ceux qui font le même métier qu’elle, ou qui cultive le coup de main entre anciens de promo. Pour les créatrices d’entreprises, il faut prendre contact avec les réseaux qui brassent des activités de même gabarit et même historique que soi (ne pas viser le MEDEF tout de suite...).
Initialement, tu étais plutôt critique vis à vis de Maman travaille :) Aujourd'hui, tu co-pilotes le projet d'événement : quelle touche personnelle as-tu apporté à ce réseau ?
C’est vrai que je n’avais pas apprécié la toute première soirée «les mamans se déchaînent». Je n’avais pas pris le nom au pied de la lettre et je n’avais donc pas compris pourquoi je me retrouvais parmi des filles hurlantes dans un quiz ! Je ne recherche pas le divertissement dans le réseau, alors j’étais restée incrédule. J’ai cependant toujours perçu «Maman Travaille» comme un réseau politique et société avec l’ambition d’aller au-delà du simple constat. Je ne sais vraiment pas ce que je lui apporte, mais je me reconnais dans cette génération de femmes «solo working mom» en ligne : Céline Fénié, Barbara Ouvrard, Marlène Schiappa...
La question inévitable Maman travaille: quels sont tes trucs pour concilier ta vie de mère, ta vie de pro, ta vie de femme..?
... Un bon mari père de famille ! ;-) C’est une boutade, mais je comprends franchement les femmes qui remercient leurs maris dans leur réussite. Cela ne nous ramène pas toujours à l’argent. Moi je n’aurais pas eu le démarrage que j’ai eu sans lui, alors que ma fille n’avait que 5 mois lors de mon lancement. Ma croyance est que le féminisme est mixte. On milite bien pour le partage des tâches, non ? Ensuite il faut savoir s’écouter. Le coaching apprend à revenir sur soi et à «satisfaire ses besoins psychologiques». Dans mon cas ça peut passer par un off complet. Et bien je le fais. Il faut savoir s’arrêter et redonner la priorité à sa famille... mais c’est complexe, car l’adrénaline du «toujours plus» nous tient !
La parole à... Gabriela, 30 ans, analyste marketing

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