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Les dix propositions Maman travaille

Mais au fait, de quoi parlent ces dix propositions Maman travaille..?

 

 

  1. Allonger la durée du congé paternité et augmenter sa rémunération afin de permettre à tous les pères, quelle que soit leur CPS, d’en bénéficier. Il est prouvé que la présence du père auprès de la mère dans les premières semaines du bébé est bénéfique pour tous. D’abord, elle permet au père de s’investir dans son rôle de parent et de prendre des habitudes (partage des tâches, de l’éducation, responsabilité). Ensuite, elle permet aux mères de se reposer sur le père. La présence bienveillante du père est rassurante pour la jeune maman épuisée par l’accouchement et croulant sous le poids de ses nouvelles responsabilités de mère. Les mères épaulées et soutenues psychologiquement après la naissance ont moins de risque de déclarer une dépression post-partum. Camarades-patrons, un père présent, c’est moins d’arrêt maladie pour déprime ou surmenage de la mère ; c’est aussi un père plus épanoui donc un salarié plus performant.

 

  1. Généraliser les 6 jours / an de garde enfant malade et les faire rémunérer par la sécurité sociale. Au lieu de réfléchir « par travailleur », on pourrait réfléchir « par enfant ». Ainsi, les 6 jours rémunérés seraient en réalité à diviser strictement en deux, 3 jours pour le père et 3 jours pour la mère. Avec une telle mesure, l’égalité dans les foyers deviendrait la norme. Elle permet aussi de soulager l’employeur des mères en partageant les absences de façon paritaire. Les freins exprimés par les recruteurs, frileux à l’idée de recruter des mères, pourraient être en partie levés.

 

  1. Mettre en place un 1% garde d’enfant sur le modèle du 1% logement. Les modes de gardes restent trop restreints, d’un coût parfois supérieur aux revenus des parents. Une contribution de l’entreprise serait symboliquement forte (« non, on ne vous en veut pas d’avoir des enfants ») et économiquement importante pour le pouvoir d’achat des familles.

 

  1. Créer un mode de garde alternatif pour les 2-3ans. Ils s’ennuient souvent chez l’assistante maternelle ou la nourrice avec seulement deux autres camarades, n’ont pas toujours de place en crèche et sont trop petits pour aller à la maternelle. Un mode de garde de type « j’ardin d’éveil », de transition, adapté à cette tranche d’âge et encadré par des professionnels permettrait aussi aux femmes qui ont interrompu leur activité professionnelle de reprendre aux 2 ans de l’enfant, sans attendre les 3 ans et l’entrée à l’école maternelle. OBTENU -> Peu après la première diffusion de nos propositions, ils étaient préconisés par le rapport de Michèle Tabarot et mis en place.

 

  1. Obliger les entreprises de + de 1500 salariés à se munir de crèches d’entreprises. Une grande entreprise de plus de 1500 salariés aurait la possibilité matérielle d’ouvrir une crèche d’entreprise. L’intérêt ? Les jeunes mères prendraient moins d’arrêt maladie ou de congés pathologiques si elles avaient la certitude d’avoir un mode de garde fiable et abordable sur leur lieu de travail. Pour les pères comme pour les mères, la productivité serait améliorée (plus d’appels à la nourrice, de « plantage » de dernière minute de la baby-sitter, de crèche en grève etc)

 

  1. Obliger les entreprises de + de 150 salariés à participer à une crèche interentreprises. La crèche interentreprises réduit les coûts par rapport à une crèche d’entreprise et apporte des avantages similaires. Camarade-patron, tu peux déduire tes frais de tes impôts. Que demande le peuple ?

 

  1. Règlementer les horaires de travail. Les parents doivent avoir la possibilité de ne pas travailler le dimanche pour passer du temps avec leurs enfants, petits ou grands. Le travail de nuit, interdit auparavant, a été ré-autorisé. En travaillant la nuit, les femmes s’obligent à faire une double journée (travail rémunéré la nuit + travail domestique le jour) et à se priver de sommeil. En outre, un grand travail de réflexion autour des horaires de travail, complètement inadaptées aux horaires d’école ou de crèche, devrait être mené sur la base de ce que préconise E. Badinter (réunions tardives, arrivées tôt le matin, culture du présentéisme, etc) Dans le même esprit, le télétravail devrait pouvoir se généraliser dans certaines professions et dans certains cas (enfants malades, école en grève, nourrice absente, enfant avec des besoins particuliers)

 

  1. Créer un congé création d’entreprise pour les jeunes parents. Dans la foulée du congé maternité pour les mères et du congé paternité pour les pères, ce congé rémunéré à hauteur du congé parental et de même durée devrait permettre de répondre au phénomène des parents-entrepreneurs. Différence : ce congé donnerait droit à un mode de garde, puisqu’il serait considéré comme du travail effectif. Si le projet de création d’entreprise n’aboutit pas, le parent peut retrouver sa place en entreprise.

 

  1. Editer un guide des mères actives et le distribuer dans les maternités et dans les entreprises aux mères de retour de congé maternité. Ce guide les informerait sur leurs droits et leurs devoirs et leur donnerait des conseils pratiques, relaterait des témoignages et donnerait la parole à des experts. -> EN COURS Des projets de guides ont été envoyés aux entreprises et aux mairies, nous attendons les réponses. -> Un guide à destination des pères existe (édité par l’ORSE, à diffuser !)

 

10.  La création d’un secrétariat d’Etat à la conciliation vie professionnelle / vie familiale. Toutes ces propositions seraient faciles à mettre en œuvre avec une vraie politique derrière. Les difficultés liées à l’équilibre entre la carrière et la maternité sont les plus citées dans les études et sondages. 78% des mères la trouvent difficile (sondage Maman Travaille) et elle arrive en tête des difficultés citées spontanément par les femmes (Etude Etats Généraux de la Femme ELLE) Avec le succès du blog Maman travaille mais aussi la création du blog Politicia.net (toujours sur Yahoo ! que nous remercions au passage) nous avons pu démontrer que les femmes s’intéressaient à la politique. Il est temps que la politique s’intéresse aux femmes.

 



Commentaires

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Mag

Si seulement la moitié de ces propositions voyaient le jour nous ferions un pas de géant pour la santé morale et mentale des mamans qui travaillent !
Pour ne prendre que mon cas, je bosse depuis 13 ans dans une grande entreprise de 10000 personnes au plan national et pres de 1000 sur mon site en region, mais il n'est absolument pas question d'adhésion à la crèche d'entreprise du parc industriel et encore moins de crèche en interne (il paraitrait qu'il n'y a pas assez de femmes dans cette entreprise, pourtant on nous assure qu'il y a parité... et les hommes ont des enfants aussi non ?).
En "compensation" le CE participe à hauteur de 30 centimes de l'heure de garde effective chez la nounou (moins de 10% du prix donc) : mais une seule participation par foyer même si mon mari et moi travaillons dans la même entreprise...
" mais enfin Madame, vous n'avez pas pris de congé parental ??? mais voyons, vous avez un enfant maintenant, faut plus penser à votre carrière !!" (si, si : on me l'a faite à mon retour de congé maternité)... Bref, on peut espérer sortir de l'obscurantisme d'ici le 23e siècle peut-être ??

Mr BBFDO

De belles propositions, pleines de bon sens.
Espérons qu'elles trouverons échos rapidement

armelle

Je réagis sur deux points de votre article (pour info, je travaille dans un département sur l'accueil des jeunes enfants) :
- dans notre département, nous attachons une importance à la notion de mode d'accueil et non mode de "garde" car après tout un enfant est accueilli avec un projet (favoriser son développement, son bien être, participer à son éducation, à le socialiser), le "garder" apparaît très restrictif et péjoratif même si tout le monde comprend ce terme
- concernant la proposition issu de rapport Tabarot sur la création, l'expérimentation des jardins d'éveil. Dans les grandes lignes, c'est intéressant : développer un mode d'accueil pour accompagner les enfants vers la scolarité, répondre aux besoins de cette classe d'âge, permettre aux mamans de travailler...Seulement voilà, cela a un coût même si le tarif est annexé sur les revenus des familles, il faut payer. Or, dans certaines zones notamment en milieu rural où les moyens financiers des familles ne sont pas toujours les mêmes, ce n'est pas possible du coup les mamans ne vont pas plus travailler avec ou sans jardins d'éveil. L'école qui accueillait ou accueille encore des enfants de 2 ans est gratuite et permet aux enfants de deux ans notamment ceux issus de familles défavorisés de développer le langage ce qui tend à amenuiser certaines inégalités "de départ".
De plus, le taux d'encadrement des jardins d'éveil est inférieur à celui des crèches, et la qualité pour nos loulous dans tout ça??
Enfin, je ne sais pas si les élus sont près à mettre des sousous pour les jardins d'éveil. Dans notre département, ce qui prime c'est le développement de l'accueil individuel (les assistantes maternelles)....

Le chemin est long mais ça avance....

mamancom

On pleure toujours les salariés des grandes entreprises mais jamais les commerçants ni les salariés des TPE.
Ces propositions sont irréalisables mais belles sur le papier. En ce moment, on évoque l'allongée de la durée de cotisations pour les personnes nées dès 1955.

Marlène (Maman travaille)

@ Mamancom, on ne "pleure" personne, tu as mal compris: où pleurons-nous ici ? si tu lis Maman travaille depuis un moment, tu sais que, au contraire, nous parlons énormément des entrepreneuses: moi-même après avoir été free lance puis gérante d'une TPE je travaille aujourd'hui dans une PME. Tu noteras d'ailleurs 1 proposition dédiée spécialement aux entrepreneurs et 1 spécialement aux TPM PME PMI.
Cela dit, si ça te semble insuffisant tu peux rejoindre le réseau Maman travaille, nous t'accueillerons avec joie toi et tes idées :)

Marlène (Maman travaille)

Merci Armelle pour ces précisions.
Nous avons longuement débattu au sujet des jardins d'éveil, et il s'avère que nous pensons en majorité que l'école maternelle n'est ni "un mode de garde" ni "un lieu d'accueil", mais bien le premier maillon de l'Education.
En outre, les jardins d'éveil coutent moins cher à mettre en place que les crèches (1 encadrant je crois pour 8 ou 12, en tout cas moins que dans une crèche) et c'est ce qui incite les mairies à y investir.
Quant aux assistantes maternelles, tu as raison mais ce n'est pas une structure d'accueil globale et collective. Il est difficile d'intervenir sur du cas par cas...

Marlène (Maman travaille)

@ MrBBDFO: merci !

Marlène (Maman travaille)

@ Mag, merci ! Oui, il y a encore un très, très long chemin à parcourir... merci pour ton témoignage

carine

je réagis sur l'accueil des 2-3 ans. Ma fille à 23 mois sera encore chez les bébés (les 0-1 an) faute de place chez les moyens, alors qu'elle est propre la nuit depuis ses 15 mois (pas la journée évidemment puisque la crèche refuse de la mettre sur le pot).

L'école à 2 ans c'est mort depuis longtemps, aujourd'hui il y a des listes d'attente pour les enfants de 3 ans.

Je réfléchis à demander sa prolongation en crèche jusqu'à ses 4 ans et à lui apprendre moi-même à lire pour qu'elle ne garde éternellement 1 an de retard dans son dossier, tout ça parce qu'elle est née en octobre (si j'avais su, j'aurais arrêté la pilule 2 mois avant...).

Donc non ce n'est pas obtenu, et vive l'école obligatoire dès 3 ans, ça évitera d'exclure des enfants à 1 mois près (on ne peut pas changer leur date de naissance alors c'est vraiment injuste...)

carine

j'ai oublié de préciser qu'elle marche depuis ses 12 mois et mange seule en toute autonomie depuis ses 15 mois.

la rabichette

ohlala il y aurait tellement de choses à en dire. Bravo pour ces propositions concrètes. Je reviendrai seulement sur le congé création d'entreprise. J'ai découvert en effet qu'en étant en congé parental on nous interdit de créer une entreprise en même temps, je comprends certains aspects de cette mesure si c'est pour protéger les femmes cependant lorsque l'on cumule un travail salarié et une création en parallèle on nous demande pas combien d'heures on fait par semaine, on gère cela comme une grande. Et tout s'arrête lorsqu'on est en congé parental..il y a là une logique qui m'échappe.

Nyfea

Des propositions qui nous arrangeraient bien en tant que maman. Enfin des propositions concretes proposées, bravo.Il y a du boulot à faire

Pauline

Bonjour,
Je lis depuis peu ce blog. Je suis maman célibataire, salariée et souhaiterait créer mon entreprise, une idée qui m'est venu pendant ma grossesse. Mais je manque de temps pour faire évoluer mon projet et ma future associée est difficilement joignable, elle même maman de bientôt 4 enfants, et aussi de moyens. j'espère que votre proposition sur le congé création et même sur les crèches d'entreprise et inter-entreprise aboutira un jour. C'est tellement galère de devoir courir partout quand on est seule!

Anne

Je suis ravie de vous lire. Mon troisieme enfant à 2ans1/2, et il s'ennuie à la maison, et moi aussi.
Je rajouterai à votre proposition de jardin d'enfant pour les 2-3 ans trois solutions :
1. si c'est trop ambitieux de créer des jardins d'enfants pour tous les enfants de 2-3ans, les places en creches devraient être réservées au 2-3 ans, les enfants plus jeunes se trouvant trés bien chez une nounou ou à la maison, et cela ferait trois fois plus de places pour les 2-3 ans (et couterait moins cher, l'encadrement étant moindre pour un enfant de 2 ans).
2. En cas de manque de place, les places devarient être divisées entre les enfants, pour qu'ils aient tous le droit à faire des activitées dans leur semaine (deux jours chacun par exemple).
3. L'attribution des places en creche/jardin d'enfant devraient prendre en compte l'historique des demandes pour toute la fratrie et ceci dans les différents endroits où la famille a habité. En effet on est souvent obligé de déménager entre le premier et le troisieme, faute de place, et on repart à zéro dans sa demande de place. Quand on n'a pas eu de places pour les ainés on devrait être prioritaires pour les suivants.

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