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décembre 2011

On a vu... La Nouvelle Blanche-Neige sur France 2 (malheureusement)

La nouvelle blanche neige                                  La Nouvelle Blanche Neige - crédits France 2


En période de fêtes, la télévision française a parfois la bonne idée de nous proposer, entre deux bêtisiers et trois best of de l'année, une "création originale". Ces téléfilms présentés comme "familiaux" sont donc l'occasion rêvée de réunir devant le poste deux ou trois générations, d'éviter de parler politique avec votre beau-frère fervent défenseur de Claude Guéant ou écologie avec votre cousine affublée d'un t-shirt Fukushima for ever, et donc, d'éviter les clash familiaux. Mais c'est aussi et surtout l'occasion de redécouvrir la télévision, ce média oublié par nombre de parents lui préférant internet et les joies du téléchargement - légal, bien sûr.

Bref, comme les pseudo-intellos des années 90, je ne regarde habituellement pas la télévision après 20 heures 30, mon oeil n'est pas coutumier des paysages de Louis la Brocante, je n'ai jamais vu plus de 7 secondes de Scènes de ménages, je ne sais pas qui présente la Roue de la fortune ou même si ça passe encore et je suis vierge de toute subtilité scénaristque de Joséphine, Ange Gardien. C'est peut-être là mon tort et l'origine de ma déception.

Ouf, pas de chatte

Alors quand France 2 revisite Blanche-Neige et les 7 nains, bien sûr, on ameute les enfants et, pour l'occasion, on se réjouit de découvrir un film ensemble, qui varie un peu des classiques mais efficaces Mary Poppins ou L'Histoire sans fin. Avec d'autant plus d'attentes que la dernière tentative fut pour le moins infructueuse: me laissant avoir par la promotion, j'avais tenté la semaine dernière, contre toute habitude et pour essayer, le téléfilm avec Virginie Effira, vendu comme "familial".

Que les choses soient claires, je n'ai rien de prude et les séries où l'on parle de double pénétration anale me plaisent beaucoup... mais je préfère les regarder sans ma fille de 4 ans, qui s'était retrouvée à écouter Virginie Effira expliquer à sa copine qu'elle ne "niquait plus" avec force descriptions de "sa chatte". Familial ? Pour une famille de partouzeurs pédophiles, peut-être... J'ai éteint à la 8ème évocation de ses parties génitales.

90 minutes de pub pour Cacharel

Hier soir, donc, La Nouvelle Blanche Neige était très attendue. Film, téléfilm, comédie musicale... le qualificatif qui correspondrait le mieux à ce programme est à mon sens: "Publicitaire". Pour celles et ceux qui ne l'auraient pas vue, le programme tourne autour du casting de la jeune Blanche Neige pour le parfum Amor Amor de Cacharel, dont on voit donc la pub un nombre incalculable de fois !

"Placement de produit", assure la productrice Gaëlle Cholet dans une interview au site le Village... pourtant ce "placement de produit" ferait passer James Bond pour un altermondialiste, sa montre et sa voiture pour des discrètes allusions voilées... Première impression mitigée, donc, et surtout, l'impression d'avoir été flouée et trahie: je pensais regarder avec ma fille un conte de fées musical, on se retrouve devant une pub géante à devoir expliquer que non, ce parfum n'est pas celui de Blanche neige, mais qu'il a été placé là par le marketing... magie de Noël, es-tu là ? Si on coupe les coupures (justement) pub pour les placer dans le programme, quel intérêt ? Pas de sexe ostentatoire, donc, mais pas mal de temps de cerveau disponible.

Blanche Neige feat. la Star Ac'

Le premier étonnement passé, et mis à part ce malaise, le programme remplit sa promesse "familiale": la sorcière Claire Keim nous épargne les considérations Sex & the city low cost de Virginie Effira et, mis à part un passage un peu glauque ("Maman, pourquoi elle s'allonge sur le lit en sous-vêtements et dit au majordome en caleçon de "faire vite" parce qu'elle lui a promis de faire des câlins en échange qu'il tue Blanche ?") le reste est globalement enfant-compatible.

Contrairement par exemple à Télérama qui a détesté les chorégraphies, en gardant à l'esprit qu'elles sont destinées à des enfants (même si la production s'en défend), j'ai trouvé qu'elles s'inséraient bien dans le spectacle, tout comme les chansons qui permettent de faire découvrir des classiques comme l'Hymne à l'amour par un biais un peu détourné. Dommage, la plupart des chansons sont mises au service des ambitions de Blanche, qui n'aspire pas à trouver un vaccin contre le cancer de la prostate ou à ouvrir une école au Mali, mais bien à devenir mannequin.

Psychanalyse des contes de fées. Ou pas.

Toutefois, à part le "marketing placé", j'ai été plutôt gênée de l'adaptation faite par les scénaristes: tous les symboles de Blance-Neige sont passés à la trappe: on comprend que rescuciter le père permette une "happy end", mais où est la métaphore de l'Oedipe, (enfin, de l'Electre) alors ? De même, la belle-mère est sensée, d'après le Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettheleim, spécialiste du sujet et gendre de Freud, permettre à la petite fille d'exprimer sans tabou ses ressentis vis-à-vis de sa propre mère, via le substitut maternel qu'est la belle-mère, avec des thèmes comme la rivalité, le temps et ses ravages, la mort, la beauté...

Or, ici, le conflit lié au temps qui passe et à la place des générations a été remplacé par un conflit pécunier (Claire Keim refuse que sa belle-fille hérite). D'ailleurs, quand Claire Keim se mue en sorcière, elle devient grosse / décoiffée / vêtue d'un pull en acrylique. Exit, les symboles phalliques de la sorcière comme son long nez, son balais ou sa pomme-à-croquer, et bienvenue dans le monde aseptisé de Cacharel où les grosses pas coiffées sont forcément de vilaines sorcières modernes. La crédulité de Blanche-Neige, qui croque d'elle-même dans la pomme, est aussi passée à la trappe. Pourquoi remettre en question le comportement de l'héroïne, forcément... héroïque, et un peu manichéen ?

" Et si on remplaçait les animaux sauvages par des immigrés ? - Ah ouais, super idée "

Les 7 nains, symboles de l'homme asexué dans la véritable histoire, ont été remplacés par une tribu United colors of Benetton que ne renieraient pas Brad Pitt et Angelina Jolie, avec un aspect paritaire... si l'on passe outre les nouveaux surnoms des naines, Rêveuse, Boudeuse, Voleuse, Tchatcheuse: c'est bien connu, les filles sont bavardes et fourbes tandis que les garçons sont polissons et dans l'action (Téléchargeur, Grapheur...)

La fille est cruche, l'Arabe est fourbe, le pauvre est bête, le banlieusard est dangereux...

Tout au long du téléfilm, surtout, quelques transpositions étranges si on les cumule et les met en perspective: Blanche l'héroïne est donc blanche, son prince est blond et beau (et riche aussi, et célèbre, et on imagine qu'il sent bon le sable chaud... alors peu importe qu'il soit désagréable, capricieux et imbu de sa personne), sa belle-mère est blanche... Le quota de minorités visibles ? Oui, oui, il est bien présent: je vous présente Malika, dans le rôle de l'Arabe de service / jalouse / traître à cause de qui Blanche sera enfermée, fille d'un jardinier (pendant qu'on y est, on s'attend presque à trouver une porte maculée du sang de Madame Marchal).

Plus douteux encore, les animaux sauvages que Blanche Neige rencontre après avoir fui dans la foret ont été remplacés par... des banlieusards ! Toute une méchante bande inquiétante et dangereuse, métissée, de danseurs hip-hop se passant Blanche dans une cave avec des relents de tournante...

Les 7 nains mendient plus pour gagner plus

La productrice Gaëlle Cholet justifie ce choix artistique en expliquant qu'aujourd'hui, l'inconnu, ce n'est plus la forêt mais la banlieue. D'abord, ça dépend pour qui: si France 2 désirait s'adresser aux téléspectacteurs de Jean-Pierre Pernault, il fallait le dire. Mais surtout, en admettant que la télé publique désire évangéliser les masses en leur parlant de la banlieue méconnue, fallait-il la présenter -encore- comme un vivier de racailles dangereuses, de sauvageons à passer au Kärcher ? La production n'a-t-elle pas été choquée au moment du visionnage par la scène où Blanche, prenant le rôle de mère (maquerelle ?) des 7 nains -qui sont donc des enfants métissés et livrés à eux-mêmes en "banlieue" - répartit les rôles, excusant les absences des uns à l'école et envoyant les autres... mendier ("plumer des pigeons") autour du Stade de France !? Quel message est-on sensé recevoir, et transmettre aux enfants plantés devant ce "programme familial" ?

Quelle morale de l'histoire ?

Alors, à quel moment Laurent Bénégui, par ailleurs réalisateur de films originaux comme Qui perd gagne, sur l'addiction aux casinos, avec Elsa Zylberstein, a-t-il dérapé ? Est-ce Cacharel qui a imposé ses choix artistiques ? (Au-delà de la langue de bois, nous savons tous qu'un annonceur qui va placer un tel budget - 400 000 euros évoqués juste pour les chorégraphies- va exiger a minima un droit de regard... voire plus) Est-ce que France 2 a voulu contenter ses téléspectateurs en les confortant dans des clichés pas trop bouleversants ? ("Oui vous avez raison d'avoir peur des immigrés, leurs enfants mendient au Stade de France, trahissent la pauvre Blanche Neige par jalousie ou l'effraie au milieu de murs tagués")

L'intérêt du conte de fées, ou de sa version moderne le "téléfilm familial", c'est justement le message. Quelle morale, dans La Nouvelle Blanche Neige, peut-on transmettre à nos enfants que l'on a séquestré 90 minutes devant le petit écran ? Ne te fie pas à ta copine Malika ? Ne va pas en banlieue ? Passe des castings, ainsi tu rencontreras un prince Charmant, pote de Sarkozy ("je photographiais le président"), qui te fredonnera du Julien Clerc à l'oreille ? Achète du parfum Amor-Amor de Cacharel ? Ne grossit surtout pas trop, tu pourrais te muer en méchante sorcière ?

Après avoir cherché et cherché ce que je pourrais répondre à ma fille qui m'a demandé si ça m'avait plus, où étaient passés Prof et Timide, pourquoi le père était toujours vivant et ce qu'est devenue la pomme, j'ai fini par trouver. La morale de l'histoire, c'est "éteignez la télé". Et sortez un livre à la place. Si c'est ce que le service public audiovisuel a tenu à nous dire hier soir, qu'il se rassure: le message est bien passé.







Comment concilier reflux gastro-œsophagien et allaitement ?

Bebe_berceau 
Rediffusion mars 2010

Véronique Darmangeat est consultante en lactation: une denrée rare. Pour ma part, déprimée par un allaitement disons-le, foireux, je n'ai trouvé aucune consultante en lactation disponible à la naissance de ma fille, en été. J'ai donc obtenu un rendez-vous... fin septembre. Le temps que le rdv arrive, j'avais laissé tomber et arrêté d'allaiter. Entre autres choses à cause de ce fameux RGO.

Alors quand Véronique Darmangeat, qui anime par ailleurs le blog Lactissima, a proposé de réaliser un article de conseils sur la conciliation allaitement / RGO pour Maman Travaille, j'ai accepté avec joie. Il ne s'agit pas de relancer le débat allaitement / biberon, puisqu'il est acquis pour les lectrices de Maman travaille que chacune fait ce qu'elle veut / peut, il s'agit juste de donner quelques clés aux jeunes mamans démunies devant ce phénomène de plus en plus courant. N'hésitez pas à donner vos impressions et à partager vos propres trucs ! La parole à Véronique...

 

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Le top 10 des parents d'élèves pénibles

Avec la complicité de C.S., professeur des écoles

ParentsdelevesRediffusion décembre 2010

 

Parents, vous avez sans doute remarqué que, à l'école, vous n'êtes plus des êtres humains. Vous êtes des parents stéréotypés: malgré vous, vous entrez dans un rôle que vous ne quittez plus - ou alors une fois vos enfants entrés sur le marché du travail. Mais lequel ? Et vous enseignants, comment calmer ces parents d'élèves pénibles ?

- le parent "Champion du monde"
"Quoi..? Une activité ''bébé nageurs" ? Mais c'est une blague ! Eudes sait nager le crawl, la brasse et le papillon depuis l'âge de 8 mois ! Ah, ah, les bébés nageurs... vous en avez de bonnes..."
Pour le parent-Champion du monde, la vie est une course qu'il convient de gagner. L'important n'est pas de participer. Par exemple, quand il monte l'escalier, le parent-Champion du monde encourage son fils: "go, go, go, vas-y dépasse tous les autres, tu vas être le premier..." en lui tendant des bouteilles d'eau vitaminée.

Enseignants, comment le calmer ? Lui rappeler que son enfant va finir par faire une crise d'ado à 15 ans et lâcher sa boîte à bac pour aller vivre dans la rue avec son chien et des amis punk.

 

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Comment rebondir après un congé parental: les petites leçons des mères célèbres

Rediffusion février 2011

 

Vous êtes en congé maternité / au chômage / en congé parental. Vous vous demandez si, à votre retour sur le marché du travail autour de 2022, vous ne serez pas trop vieille / dépassée / morte.

Rassurez-vous: pas forcément. Si Maman travaille milite activement pour développer la carrière des mères, et faire en sorte que maternité ne rime pas avec arrêt brutal de travail (d'ailleurs, çe ne rime pas du tout) nous n'en sommes pas moins un réseau informé des réalités... et parfois, celles-ci sont brutales.

Cette semaine, vous avez été presque dix à écrire en même temps (un complot ?) au mail dédié de ce blog pour faire part de vos inquiétudes, comme Aurélie, 31 ans, qui explique "J'ai du démissionner faute de mode de garde pour ma fille" ou Nadia, 34 ans, ancienne chef de projet, qui raconte qu'avec la naissance de son troisième, elle ne peut plus suivre le rythme et a opté pour un congé parental, voire Carolina, 26 ans, qui attend son premier enfant et vient de se faire licencier (licenciement économique donc incontestable devant les prud'hommes, dans son cas).

Ces mères actives se demandent si une pause va mettre fin à leur carrière. D'instinct, j'aurais envie de leur répondre oui. Mais cela ne leur remonterait pas vraiment le moral, n'est-ce pas ? A la place, Maman travaille vous propose de chercher des femmes qui ont interrompu leur carrière pour élever leurs enfants en bas âge (bien que celles qui travaillent les élèvent aussi nous sommes on ne peut plus d'accord là-dessus, évidemment) et ont réussi à remettre leur carrière sur les rails, en nos inspirant de leurs réussites:

 

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