Previous month:
février 2012
Next month:
avril 2012

mars 2012

Isabelle Quesnel nous présente le concours «Les femmes Vavélie Productions»

LogoConcoursLesFemmesVavelieProductions_368x263

Initiative née avec la Journée internationale des droits des femmes 2012, oui nous parlons bien du 8 mars, le grand concours « Les femmes Vavélie Productions » reçoit actuellement les candidatures de femmes de talent dans les domaines artistiques suivants : musique et chant, comédie humour et littérature.

 

Lire la suite "Isabelle Quesnel nous présente le concours «Les femmes Vavélie Productions»" »


Néon: pourquoi on adore déjà ce nouveau magazine

Parfois, on "webberre", et parfois on erre dans la vrai vie, par exemple dans un kiosque, et dans ce kiosque on tombe sur une pile qui intrigue. Une pile de "NEON". Qu'est-ce que c'est ? Néon, c'est un nouveau magazine, dont la baseline est "soyons sérieux, restons allumés !". Nous l'avons lu. Et relu. Et voilà pourquoi nous l'avons adoré:

Néon magazine                                                                Néon Magazine

Lire la suite "Néon: pourquoi on adore déjà ce nouveau magazine" »


Conférence Maman travaille / Vidéo / Brigitte Grésy : "La parité parentale, c'est essayer de négocier au sein du couple"

Dès le premier débat de la 1ère Journée Maman Travaille, le débat "Plafond de Mère" a soulevé de nombreuses questions, notamment sur la place du père au sein du couple, du foyer, et de la famille. Blandine Métayer, qui nous a gratifié de l'introduction de son spectacle, souligne les difficultés d'une femme et par extension d'une mère, aux postes de cadres.

 

(Images : Mélina Seymour de Direct Monde Business)

 

Lire la suite "Conférence Maman travaille / Vidéo / Brigitte Grésy : "La parité parentale, c'est essayer de négocier au sein du couple"" »


Si, Nicolas Sarkozy, la vita è bella !

 

La vie est belle
Cher Nicolas Sarkozy,
.
Vous êtes président de la République. En cette période de campagne électorale, vous voulez incarner la France Forte, c'est ce que nos disent vos tracts, vos affiches, et la fresque murale géante de l'entrée de votre siège de campagne où vous apparaissez, fixant l'horizon le regard concerné et le sourcil froncé. 
Vous voulez nous protéger, dites-vous, c'est ce que vous clamez pendant vos discours et c'est l'argument phare de vos soutiens: Nicolas Sarkozy protège de la crise, du mal, des Allemands, de DSK, des terroristes, vous nous protégez tant et si bien que même votre épouse affirme que vous travaillez 20 heures par jour -ce qui vous laisse 4 heures par tranche de 24 pour l'ensemble de vos besoins dits physiologiques (boire, manger, aller aux toilettes, vous laver, dormir, changer de vêtements, vous brosser les dents, vous raser) et participer aux tâches éducatives, même si Paris Match a révélé que, ô scoop, vous n'assuriez pas les visites chez le pédiatre, donnant au passage un argument à tous les machos de la terre: "Je fais comme Sarko, j'amène pas la gosse chez le pédiatre mais je vous protège, hein." Mais ce n'est pas le sujet.
.
Cher Nicolas Sarkozy, je voudrais vous parler cinéma. Avez-vous vu le film La vita e bella ? Carla - vous permettez que je l'appelle Carla ? comme vous-même l'appelez ainsi en public... et puis, c'est le prénom de ma soeur, et puis je connais quelqu'un qui connaît quelqu'un qui la connait bien, donc c'est un peu comme si on se connaissait intimement elle et moi- Carla, donc, vous traduirait: La Vie est belle. Il paraît que depuis peu, vous êtes un érudit, Nicolas Sarkozy, même si la culture est absente de votre programme, vous avez trouvé le temps de lire Belle du Seigneur pendant vos 4 heures de répit quotidien, chuchote-t-on chez les germanopratins. Dans ce merveilleux film de Roberto Benigni que je vous recommande vivement, donc, un père déporté avec son fils entreprend de lui faire croire qu'il s'agit d'un jeu. Il construit un univers imaginaire, un genre de conte fabuleux dans lequel les nazis ne seraient que des pions, des gentils, des camarades de jeu. Le héros de ce film refuse de dire à son fils qu'il va peut-être mourir, comme ses camarades. Parce que son fils est un enfant, et parce qu'un enfant n'a pas achevé sa construction intellectuelle, neurologique, qu'il ne peut pas être rassuré quand il entend que ses petits camarades se font tuer, et que faire peser sur lui une menace abstraite de mort ne servirait qu'à le traumatiser. C'est ça, protéger. Ce n'est pas effrayer.
.
Cher Nicolas Sarkozy, ma fille aînée a 4 ans 1/2. Il se trouve par un heureux hasard qu'elle n'était pas à l'école le jour où vous avez imposé une minute de silence aux écoliers. Je m'en réjouis. Parce que même si elle imite ce qu'elle entend dire à la télévision ou par ses parents, même si elle connaît votre nom, Nicolas Sarkozy, même si elle demande "Pourquoi on le voit partout Nicolas Sarkozy ?" même si elle crie "En effet !" quand elle voit Philippe Douste-Blazy à la télévision, même si elle trouve que François Hollande a l'air "pas méchant" et qu'elle me suggère d'aller "demander des sous à Mélenchon", voilà, elle n'a que 4 ans 1/2. Elle a peur des ogres et elle vérifie qu'un monstre ne soit pas caché sous son lit avant de dormir, elle pleure quand elle s'écorche un genou en tombant, elle veut qu'on lui tienne la main dans le noir, elle est triste quand une petite fille lui dit "je suis plus ta copine", et elle demande qui s'occupera d'elle quand ses parents vont mourir, ce qui reste encore un concept abstrait pour elle.
.
Cher Nicolas Sarkozy, je n'ai rien contre vous personnellement. Je vous taquine avec Carla et j'abhorre la politique de votre gouvernement sur laquelle il y aurait tant à dire, PMI, planning familiaux, modes de garde, déremboursements, privatisation de la santé, exclusion des immigrés, gynécologie médicale, pédiatres, pôle emploi, oligarchie, société de classe, président des riches, je ne m'étends pas ici, je vous dirais pays des droits de l'homme, France terre d'asile, bouclier fiscal, et vous me répondriez crise économique, Europe, Roms aux portes de la ville, et vous avez 30 ans d'expérience médiatico-politique et moi presque aucune, vous me coucheriez en débat rhétorique et ce serait vain pour tout le monde, d'autant que comme toutes les lettres ouvertes celle-ci crie dans le vide. Mais je tenais à vous le crier tout de même, Nicolas Sarkozy, depuis devant l'école maternelle. Quand j'ai écouté France Info, c'était l'oreille collée à la radio pour laisser le son bas, très bas, aussi bas que possible pour que rien ne parvienne aux oreilles de ma fille. Quand j'ai regardé les images de l'assaut du RAID, c'est le son coupé, pendant qu'elle jouait dehors, et quand j'en ai parlé, c'était à mots couverts, pour qu'elle ne comprenne pas de quoi il retournait. 
.
Ca va faire une semaine que cette tuerie a eu lieu, Nicolas Sarkozy, et jusqu'à aujourd'hui, ma fille qui n'est pas stupide, ma fille qui sait ce que c'est qu'un fa dièse ou qu'un petit roque, ma fille est complètement ignorante de la tuerie de Toulouse. Le mot Juif lui évoque notre voisin avec ses "couettes" et son beau chapeau de fête, le mot tuerie un bonbon vraiment délicieux, Mohamed est le prénom de l'ancien patron de sa maman et Toulouse est la ville de sa cousine Emma. Elle ne sait pas que Mohamed Merah a assassiné une petite fille de son âge en la tirant par les cheveux, qu'il a tué deux garçons et leur père qui allaient à l'école, que des parents de soldats ont perdu leurs enfants, qu'une femme enceinte quelque part est en train de préparer son mariage à titre posthume, qu'Abdelkader Merah a passé des heures en face de chez nous, à l'antiterrorisme, et pourquoi on a entendu ce week-end dans notre rue les sirènes des voitures de police.
.
Cher Nicolas Sarkozy, aujourd'hui, ma fille retourne à l'école pour la première fois depuis la tuerie de Toulouse. Je sais par des mères d'élèves que la minute de silence a eu lieu dans son école, et je me doute que ses camarades vont lui en parler, puisque vous l'avez demandé. Cher Nicolas Sarkozy, j'ai été très choquée de vous entendre dire à des enfants (puisque vous même parlant de votre fils Louis, 15 ans, avez insisté sur le fait que ce n'était qu'un enfant) de vous entendre dire à des enfants, donc, qu'ils auraient pu se faire tuer. Oui, ma fille peut se faire tuer par un fou dangereux qui entrerait sans son école, la tirerait par les cheveux et lui planterait un coup de Uzi entre ses couettes blondes, sous l'oeil de sa caméra et sous le regard de ses petits camarades. Vous le savez. Je le sais. Ca m'attriste, ça me révolte, ça me fait froid dans le dos, ça me révulse, ça me chamboule, ça me crispe, ça me donne envie de faire subir les derniers outrages à celui qui est capable d'une telle ignominie, ça anesthésie ma pensée et m'amène même à trouve que la mort est pour lui un châtiment trop doux.
.
Mais je ne lui dirais pas ça. Comme le héros de Bénigni, si ce soir elle rentre en ayant entendu parler de la tuerie de Toulouse, j'inventerai quelque chose. Je mentirai. Je lui dirai que ça c'est passé très loin, il y a très longtemps, que c'était un jeu, une blague, une histoire, un film, qu'elle a mal compris. Je la protègerai des cauchemars, des angoisses et des peurs qui découleront forcément de cette sinistre histoire. Parce que je veux que le comble de l'horreur, pour elle, reste aussi longtemps que possible un ogre qui gronde dans le noir ou une fâcherie de petites copines.
.
Cher Nicolas Sarkozy, la prochaine fois que vous parlez à des enfants, vous qui en avez, demandez à Carla, et elle vous le dira: si, la vita è bella !