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Pourquoi la réforme des allocations familiales va (encore) renvoyer les mères au foyer

Tout le monde ou presque s'accorde pour chanter les louanges de cette réforme. A gauche bien sûr, où le gouvernement semble avoir trouvé un moyen de résorber la dette, à droite aussi, puisque Bruno Le Maire et d'autres ont affirmé soutenir cette réforme, même Alain Juppé s'est prononcé pour, bref, il semble qu'on ait enfin trouvé LA raison de la crise économique en France: les allocations familiales !

Allocations familiales

Pour mémoire, un récent rapport suggérait de supprimer purement et simplement les allocations familiales pour les ménages "riches", comprendre dont le revenu était situé au-dessus du salaire médian. Finalement, l'option retenue serait celle du Rapport Fragonard, à savoir d'après le Figaro " à partir 7296 euros de revenus nets mensuels pour une famille de deux enfants, dans un scénario (...) voire à partir 3885 euros dans l'hypothèse la plus dure."

Prenons donc l'exemple d'un couple avec deux enfants qui gagne 3885 euros net, à deux, par mois. 3885 euros à deux, ça peut se décomposer comme suit: 2305 euros net pour monsieur, 1580 euros net pour madame (cet exemple serait banal et courant, les femmes gagnant en moyenne 27% de moins que les hommes, et de surcroît gagnant moins après la naissance d'un, puis de deux enfants, déplorable phénomène.)

 

Hypothèse 1:

Si le montant des allocations familiales (allocations + PAJE, prestation d'accueil du jeune enfant) est alors diminué de 150 euros, cette famille type risque de faire le calcul suivant: si madame ne gagnait que 1400 euros, ils passeraient sous le seuil de revenus, et bénéficieraient de nouveau de ces 150 euros d'allocations.

-> Madame va passer en temps partiel

 

Hypothèse 2:

Même famille de base, autre raisonnement

Le revenu de référence étant le revenu imposable, et le CLCA (complément de libre choix d'activité, somme que l'on verse aux parents à temps partiel jusqu'aux trois ans de l'enfant) n'en faisant pas partie, cette famille peut même être tentée de faire passer madame en CLCA avec le raisonnement suivant: pour bénéficier des allocations familiales, il faut passer sous le seuil des 3885 euros à deux. Si monsieur s'arrête, la perte de salaire est trop grande. Si madame s'arrête, la famille perd 1580 euros de salaire net mais gagne 150 euros d'allocations familiales, récupère sa PAJE, + le CLCA. Ce qui nous mènerait à environ 750 euros pour deux enfants. La perte de revenus de 830 euros mensuels est déjà comblée: le ou les enfants de moins de trois ans n'iront plus à la crèche, ni chez la nourrice, la famille gagnera même de l'argent en économisant les frais de transport et de repas à l'extérieur.

-> La mère arrête purement et simplement de travailler (et bon courage pour retrouver un poste après 3 ans d'arrêt... en croisant les doigts pour qu'aucun événement dramatique ne se passe entre temps.)

 

Hypothèse 3:

La prime de naissance serait au mieux transformée en prêt (voilà, une jeune famille a complètement besoin de s'endetter, merci Fragonard qui a tout compris) au pire, supprimée. Pour mémoire, cette prime versée au 7ème mois de grossesse, d'un montant de 903 euros à ce jour, permet aux familles de s'équiper, d'acheter du matériel de base (couches, etc) ou de payer une partie des dépassements d'honoraires, par exemple.

-> Le couple se retrouve à non seulement percevoir moins voire pas d'allocations familiales, mais en sus à devoir rembourser 90 euros par mois à l'Etat pendant les dix premiers mois de son bébé !

 

Hypothèse 4:

Un couple où monsieur, 42 ans, bac+5, entrepreneur, gagne en moyenne 3000 euros net par mois. Il travaille la nuit pour pouvoir accompagner ses enfants à l'école à 9 heures le matin avant de commencer sa journée. Madame, 37 ans, des années d'études et de travail derrière elle. Elle gagne aujourd'hui 3800 euros net par mois, elle a pris un mini congé maternité et ne compte pas ses heures sup (non payées). On lui propose une promotion, où elle dirigerait un service et gagnerait 4300 euros net par mois. Ca tombe bien, ils viennent d'avoir un bébé et embauchent une nourrice à domicile à plein temps. Sauf que si madame prend ce poste, ils passent le 2è seuil de 7296 euros nets mensuels et disent au revoir à leurs allocations familiales. Cette promotion se fait donc... à perte !

-> La mère refuse sa promotion

Vous objecterez, oui mais ce couple est riche. Jetons un oeil sur leur budget:

A environ 7000 euros de revenus nets mensuels à deux, ils doivent payer:

- Un loyer (ils n'avaient pas les moyens d'acheter dans la trentaine, et les banques refusent un prêt à un homme récemment entrepreneur de plus de 40 ans et sa femme salariée mais enceinte) en banlieue parisienne, pour un grand 3 pièces (les enfants sont dans la même chambre): 2000 euros

- Une place de parking: 150 euros

- Une voiture: 450 euros de remboursements

- Deux modes de garde: 750 x 2 soit 1500 euros

- Une baby sitter en plus pour le soir: 400 euros

- EDF, GDF: 210 euros

- Assurance voiture: 250 euros

- Impôts: 420 euros

- Courses alimentaires pour 4: 700 euros

On arrive déjà à "l'équilibre"... ils sont donc certes relativement à l'aise, mais ne roulent pas non plus sur l'or, n'ont pas de femme de ménage, ne font pas d'économie, ne sont pas propriétaires et ont un budget vacances réduit. Peut-on trouver cela juste de les priver d'allocations familiales ?

 

Hypothèse 5:

Monsieur est fonctionnaire, il gagne 1600 euros net. Madame voudrait retravailler après 1 an d'arrêt. Elle a trouvé une place d'assistante de direction trilingue à 2200 euros net. Sauf qu'entre la nourrice et les allocations perdues, le couple décide que c'est une trop grosse perte de revenus. Monsieur pourrait s'arrêter, mais il est fonctionnaire et trouve une démission trop compliquée. Ils viennent de faire construire une maison et ne peuvent pas prendre le risque de ne pas avoir de quoi payer leurs remboursements si madame se fait licencier (ce qui n'arriverait pas à monsieur, fonctionnaire).

-> Madame ne retravaillera pas.

 

Dans le même temps, le site Diplomatie.gouv.fr se réjouit du très bon taux de natalité de la France, imputant celui-ci à... la politique familiale française. Faites des gosses, qu'ils disaient...

NB On en parlera le 6 juin toute la journée lors de la Journée Maman travaille, réservations online ici.

Commentaires

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Claire

Bonjour,

Je me retrouve totalement dans cet article. Cadre comme mon mari, jeunes (26 ans) et parents deux fois, nous gagnons à nous deux 4100 euros nets par mois. Je ne me plains pas, il y a bien sûr des gens bien plus à plaindre que nous. Néanmoins, sans les allocations familiales, et en comptant les deux modes de garde, l'un de nous travaillerait... pour le fun (et parce que nous ne nous voyons pas rester à la maison). Au risque de déplaire à certains, ce niveau de revenu avec deux enfants en région parisienne, compte tenu du prix des logements, ne fait pas de nous un couple "aisé".

Il est hors de question que l'un de nous deux s'arrête de travailler si la réforme passe, mais il est clair que le gain financier sera quasiment nul.

Merci pour cet article.

Erika

Merci pour cet article tres factuel! Les consequences sont importantes pour la famille, la femme (si elle s'arrete de travailler) mais a mon avis aussi plus largement au niveau economique (pouvoir d'achat, etc).
Histoire de brouiller les pistes des articles sont paru dans certains quotidiens pretendant que le taux de natalite des francais n'aurait rien a voir avec la politique familiale.

carine

je suis complétement d'accord, on n'est pas riches à ces seuils-là, surtout en région parisienne. Et même si on n'est pas concerné directement, cela envoie un mauvais signal et décourage de faire des enfants (entre ça et la réforme des rythmes scolaires...).

ganesh46

l hypothèse 4 est tirée par les cheveux, un loyer à 2000 euros pour 3 pièces, ils doivent habiter à Versailles au moins...il faut pas pousser non plus....
1500 euros de mode de garde ????
assurance voiture 250/mois??? ils ont une porshe ou quoi???
(250 c'est ce qu'on paye par an et par véhicule)
il faut pas me dire qu'ils sont à 128 euros par mois près...

leona

C'est consternant. Et pourtant, ce n'est sûrement pas faute de faire des "simulations", et autres "études d'impact"...

Mon cas personnel est tout à fait "non représentatif" : puisque je gagne deux fois plus que mon mari, si l'un de nous s'arrête de travailler pour - je cite ma fille de 5 ans - "rester à la maison pour faire le ménage et faire des frites", ce ne sera pas moi :-D

Lucky

Exactement ! Entre l'école qui va se terminer à 15h et les allocations, ils voudraient renvoyer les femmes à la maison qu'ils ne s'y prendraient pas autrement !
Et pendant ce temps les milliards de fraude fiscale s'accumule !
Il faut quand même rappeler que l'argent des allocations est dépensé et soutient l'activité économique.

uriane

Sans compter que beaucoup de ses familles ont votés pour Hollande et sur le long terme ne touchant plus de prestations sociales risquent de voter pour des personnes qui voudront les baisser pour ceux qui en ont encore plus besoin...

nathalie

Il me semble qu'aucune option n'a été fermement retenue et qu'il est donc difficile de faire des calculs aussi précis.

Je commente cependant quelques points
.

Hypothèse 1:
Si on ne travaille que pour l'argent, passer à temps partiel peut être agréable (même si on le souhaite ce n'est pas toujours possible, combien de temps complets subis ?).

Hypothèse 4 : rappelons que les allocations représentent de l'ordre de 100 euros par enfant et par mois. En gagnant 500 euros de plus par mois (!!!) il me semble intéressant de prendre la promotion.
Et pourquoi deux modes de garde si un des enfants va à l'école ?

Hypothèse 5: si monsieur est fonctionnaire il peut prendre un congé parental avec assurance de retrouver son poste, nul besoin de démissionner. De toute façon le salaire de madame compense très largement la perte des allocs (la nounou ne coûtera pas plus cher pour autant...)

Il me semble qu'on est plus dans le registre du symbole : les allocations représentent de l'ordre de 100 euros par enfant (1 pain au chocolat et 1l de lait par jour en gros), ça me paraît dérisoire par rapport aux dépenses entraînées : nourriture, logement, voiture (les fans du vélo déchantent parfois avec bébé + courses), vêtements, chaussures, fournitures scolaires, livres, jouets, soins médicaux, etc. Bizarrement les gens qui n'ont pas d'enfants considèrent parfois que c'est une espèce de manne qui nous rendrait richissimes. Bien sur c'est proportionnellement important dans le budget de familles modestes, mais celles là précisément en garderont le bénéfice.

Plus généralement, si le travail présente des perspectives de "carrière" à la clé, il faudrait faire un calcul sur 10 ans (voire plus) et considérer qu'il est finalement plus avantageux de continuer à travailler avec un budget plus serré les années où il faudra payer le mode de garde, (surtout si on considère que c'est épanouissant ou sécurisant de travailler). Et ou sont la qualité de vie et l'épanouissement personnel dans ces considérations ?

La natalité en France me semble surtout liée à l'existence de la maternelle à temps complet dès 3 ans (voire 2 en insistant un peu), qui revient pour le coup très peu cher. La France est effectivement est des rares pays à avoir un tel système.

Sarasvaty

Je gagne 2100 euros par mois et mon compagnon 2600 (il est fonctionnaire). Donc on serait au dessus du seuil le plus bas.
Nous avons 2 enfants de 1 et 2 ans. On travaille à temps plein.

On paie :
- 1150 euros CC de loyer pour un T3 - 70m2 à pantin dans le 93 (2000 euros c'est du luxe, faut pas abuser).
- 900 euros de crèche pour les 2 ( ça c'est de la chance)
- 400 euros de nounous : youpi tralala, ça fait des mois qu'on sort rarement : on est plutot autour de 50 euros par mois !
- 120 euros d'abonnement pour les transports en commun : ben oui, on peut éviter la bagnole quand on est en petite couronne
- 200 euros de côté chaque mois pour les enfants. Ca c'est quand on sais qu'on n'aura pas de coup de pouce des grand parents.

Il reste grosso modo mon salaire...je crois qu'on parviendrait à être solidaire.

Tout ça pour dire que quand on gagne 7000 euros à deux : on a encore plus les moyens de l'être. Eh oui, un appart plus petit ou moins chouette ( ça on a connu), moins de sorties...et pas de femme de ménage ! Votre hypothèse 5 ne me fait pas du tout pleurer...
Quant à l'hypothèse 1 : on peut aussi pensr que la mère préfère gagner son salaire à temps plein, non ?

Ou bien suis-je une rare maso de travailler à temps plein avec deux enfants en bas âge ? Cela n'est pas exclu...

Coralie

Primo, je n'ai pas fait mes gosses pour les allocs.
Deuxio, je ne travaille pas que pour l'argent (même s'il est nécessaire pour vivre bien sûr)
Tertio, je gagne "tant" que je continuerai à percevoir l'intégralité des allocs quelle que soit l'hypothèse retenue et pourtant :

- je vis correctement tout en étant solo (donc tout à ma charge ;-)
- je peux faire quelques économies (tout mon salaire ne passe pas dans les frais fixes)
- j'ai même le luxe d'une femme de ménage (eh oui, je préfère travailler à temps complet et m'offrir une femme de ménage !)

Bref, comme d'autres l'ont souligné avant moi, les calculs/exemples me semblent tirés par les cheveux et surtout d'une vision très court-termiste, qui ne prend en aucun cas compte de l'intérêt qu'une femme a de rester sur le marché du travail, même si elle doit y perdre quelques euros : épanouissement personnel (oui, pas dans tous les boulots, je vous l'accorde), vie sociale...sans même parler des droits à retraite qui vont s'assécher en sortant de l'emploi, et quid de l'autonomie financière en cas de séparation ? Bien le bonjour la galère... et le "mauvais calcul" d'être revenue au foyer !!!

Quant à la vision machiste véhiculée, n'en parlons pas : tous les exemples partent du principe que ce sont les femmes qui renoncent (à la promo, à retravailler, au temps plein...), évidemment pour illustrer la thèse de l'article, c'est à dire le retour des femmes au foyer.
Même si je ne suis certainement pas représentative, je ne me retrouve pas dans la vision de la femme ici présentée : calculatrice, préférant se renfermer sur son foyer ou renoncer à une évolution professionnelle de crainte de perdre quelques euros (radine ?)...

PS : je veux bien laisser mes allocs si cela peut aider notre pays à redresser son déficit...et les familles pauvres (les vrais pauvres, hein, pas ceux de l'article !) à conserver quelques revenus qui leur sont, à eux, indispensables pour sortir la tête de l'eau.

Anne-Cé

Je me retrouve complètement dans l'exemple du couple avec le mari entrepreneur et la femme qui a une promotion. Et nous payons 3500 euros par mois d'assurance auto, pas pour une porshe cher monsieur mais pour une scénic que mon mari gare souvent à côté de ses bureaux ans le 93..
Sinon c'est exactement ça.

Anne-Cé

Ah et Sarasvaty c'est facile de donner des conseils... Nous comme dans l'exemple on a aussi un 3 pièces en banlieue en location alors que 2 enfants... ils sont dans la même chambre, plus petit c'est quoi pour vous ? Un F2 ? On met le bébé dans la cuisine et le grand dans le canapé ? Et dans l'exemple elle dit justement qu'ils n'ont pas de femme de ménage...........................;

Anne-Laure

personnellement, je trouve que le seuil de 4400 € par mois est faible. Quand on est en région parisienne avec tous les prix élevés (loyers, nounous, nourriture, assurances ...) ou même en rase campagne obligé de faire des km au prix de l'essence actuel, si on doit faire garder ses enfants (quand on finit au delà des modes de gardes pas cher il faut payer quelqu'un au SMIC au moins), ça peut être compliqué de boucler les fins de mois parfois (même si c'est toujours moins difficile qu'au SMIC je l'accorde). Sans parler des frais annexes quand les plus grands arrivent au lycée et qu'il faut payer le matériel scolaire (parfois très cher dans les filière professionnelles et technologiques).

Personnellement, je suis pour que les plus riches soient moins aidé, mais je pense que malheureusement à 4400 € on touche une fois de plus la classe moyenne qui est toujours la plus sanctionné par toutes les mesures. Le seuil de 7800 me semble beaucoup plus juste ....

Stéphanie

Affligée par certains commentaires ("ça décourage de faire des enfants") parce que c'est l'argent qui vous "motive" à faire des enfants ??? ... Cette politique nataliste n'est plus de notre temps, mais d'après-guerre. C'est de la perfusion à la surconsommation...

Vervaine

Bon, ce sont des exemples, des stéréotypes, hein, c'est pour montrer que le calcul "donner moins d'allocs aux "riches" " ne sera pas si simple que cela pour réduire le déficit de la France !
Car cela entraine d'autres pertes par ailleurs, ou de l'argent qui ne sera pas dépensé -pas bon pour le PIB...)

Sans compter la mesure potentielle qui me hérisse le poil: retirer l'aide à l'assistante maternelle pour les "riches". Mais c'est justement eux qui ont recours à des nounous !!! Je crois que pour beaucoup de foyer, s'il n'y avait pas cette double aide (payement de la différence entre net et brut -ne se voit pas mais existe bel et bien- et le complément versé directement à l'employeur), je crois que pour beaucoup de couple, cela ne vaudra en effet plus la peine de travailler à deux.
J'aime mon boulot, mais pas au point de perdre de l'argent en bossant !
Donc beaucoup de personnes arrêteront de bosser (femmes et hommes pourquoi pas bien sûr, mais qu'est-ce que cela change?), une grande partie des nounous n'aura plus de boulot ou alors seront employées "au noir", et ce n'est pas parce que certains arrêtent de travailler que cela fera moins de chômage, ce n'est pas si simple !

On ne "fait pas des enfants pour les allocs", non (sauf exceptions, bien sûr) , mais on peut s'empêcher d'en faire un en se disant qu'on n'a pas les moyens.
La politique nataliste de la France a porté ses fruits, avec les allocs mais pas que, c'est une politique globale: les aides aux nounous, aux crèches, l'école maternelle... qui ont permit -notamment- de favoriser le travail des 2 parents.

Si on décide qu'il faut moins d'enfants pour le pays, continuons comme cela... C'est un choix politique à expliciter et à assumer. Mais le réduire à un calcul bassement mathématique, je trouve cela stupide. Surtout que le calcul est faux car il ne prend pas du tout en compte les conséquences sur le reste de l'économie du pays, les externalités comme on dit.

Donc sur le fond, je suis entièrement d'accord avec le titre, cette réforme est très délicate, et les calculs de seuils de "richesse" seront primordiaux. Le diable est dans les détails...

Mais au final, comme pour le congé parental, on avait eu bcp d'annonces, mais rien de bien grandiose à la fin. Donc j'attends les mesures qui seront vraiment prises...

nanouak

Je suis aussi sceptique sur les calculs. Je suis dans l'hypothese 4. Couple de cadres en region parisienne = 6300 euros nets par mois, hors primes. Nous sommes proprietaires d'un appartement en grande banlieue avec 2 chambres, les 2 garcons dorment dans la meme chambre.
Nous vivons tres bien sans aucun sacrifice. Il ne manquerait plus qu'on se plaigne. Nous avons une nounou a domicile en garde partagee que nous payons 940€/mois hors charges patronales.
Nous n'avons pas eu de prime de naissance, car au dessus du plafond. Nous avons la PAJE a 130€ et depuis la naissance du 2e, nous avons 171€ d'alloc. Personnelement, ni mon mari, ni moi ne refuserions une promotion ou nous arreterions partiellement de travailler juste si on nous enlevait ces allocs. J'estime meme qu'on gagne trop pour avoir quelque aide que ce soit. Les reductions d'impots sont deja immenses par rapport a notre categorie de revenus (je suis imposee a 5% grace a la nounou).
Donc je ne me retrouve pas dans cet hypothese 4. Dans mon cas personnel, la reforme est surement justifiee. La perte de ces allocs ne changera pas ma vie.

leona

@ ganesh46 : 1 500 euros par mois pour le mode de garde, ça vous paraît incroyable ? Je suis obligée de payer 1800 euros pour faire garder chez moi un enfant par une nounou à temps plein (temps plein en l'occurence = 50 à 52 heures par semaine). Le salaire minimum légal étant ce qu'il est, faites le calcul. Croyez-moi, si je pouvais obtenir une place en crèche, je le ferai, et je pourrai mettre de côté l'argent ainsi économisé pour faire de l'épargne pour mes enfants.

@Coralie : l'article ne présente pas des familles pauvres et n prétend pas le faire. Mais entre "les riches" et "les pauvres", il y a plein de familles ni riches ni pauvres. Pas les plus à plaindre, on est d'accord. Et comme il est indiqué dans plusieurs commentaires, un niveau de revenu égal ne correspond pas au même niveau/sentiment de "richesse" selon la région, ville ou même quartier où l'on habite. Mais on peut dire que ce sont la majorité des familles en France qui sont dans ces "ni riches ni pauvres", alors excusez-nous de choisir quelques exemples pas si caricaturaux que ça.

Ce qu'on appelle des "effets de seuil", toutes les mesures fiscales en créent, c'est inévitable. Pour autant, ils peuvent être minimisés si on ne les fixe pas arbitrairement.

carine

@stéphanie, comme on ne vit pas d'amour et d'eau fraîche, oui on calcule avant de faire les enfants si on a les moyens de les élever ou pas (et les allocations, les modes de garde en font partie).

Oui, entre ça et les rythmes scolaires, j'hésite à avoir un 2è enfant, et oui, si les rythmes scolaires passent (et donc avec la suppression du centre aéré), je devrais peut-être me mettre à temps partiel pour ne pas travailler pour rien (et je ne sais pas comment faire puisque déjà nos 2 salaires couvrent à peine toutes nos charges fixes- avec un loyer qui représente un tiers de nos revenus).

L'école gratuite, laissez-moi rire, je paye autant qu'à l'époque de la crèche (eh oui, la cantine, le périscolaire, le centre aéré le mercredi et les vacances sont payants).

Avoir un enfant est un sacré investissement (de temps, d'argent, d'énergie), alors quand je vois les bâtons qu'on nous met dans les roues, je renonce.

Perplexe

Je ne vis pas à Paris, mais sincèrement, les montants indiqués dans l'hypothèse 4 me laissent perplexe, surtout le loyer, l'assurance auto et la baby sitter.
Nous faisons partie des ménages relativement désargentés, malgré le fait que nous travaillions tous les deux. Eh bien on ne frait pas de frais de baby sitter car on ne sort pas, tout simplement. Je sais bien que l'article ne concerne pas les ménages modestes mais ça me hérisse quand même un peu le poil...
Quant à l'assurance auto, je ne sais pas quelle voiture ils ont... ou alors ils se font berner par l'assureur !!

Alors non, je ne vais pas verser une larme sur un ménage qui gagne 7000€ pour 4 alors que nous on n'est même pas à 2000€ pour 3...

Ce que je trouve regrettable, c'est que malgré mon envie viscérale d'avoir un 2ème enfant, je me dis qu'on restera peut-être rien que tous les 3 parce que même avec les allocs, on ne s'en sort pas...

Laure

Je trouve qu'il est toujours difficile de réfléchir des réformes politiques à partir d'exemples. On trouvera toujours la cas d'une famille qui va être lésée, c'est le principe de l'effet de seuil.
Pour moi, la question se résume de la façon suivantes :
faut il mettre un plafond de ressources pour les allocations familiales ? Comme c'est déjà le cas sur la prime de naissance et la paje.
A mon sens, oui. Il n'est pas nécessaire (ni même utile pour la société) que des très riches touchent pour 2 enfants : 128,57 € ; pour 3 enfants : 293,30 €, pour 4 enfants : 458,02 € puis par enfant en plus : + 164,73 €. (sources : caf.fr)
Si on répond oui à cette question, la question suivante est évidemment : à partir de combien par mois, est on une famille riche ou très riche ? Difficile à déterminer... J'imagine que les sociologues ont une idée sur la question. Personnellement, ça ne choque pas de supprimer les allocations familiales au dessus de 6000€ minimum de revenu pour le couple. Pour moi, ça s'appelle de la solidarité.
En revanche, une chose m'a toujours choqué : pourquoi pas d'allocation au premier enfant ? Le premier enfant est un sacré investissement pour un couple, il faudrait aider aussi ces familles.

Lucette

Merci merci merci pour cet article!
C'est exactement ce qui risque de se passer pour nous
Monsieur gagne plus que moi et si je me mets a temps partiel on passe sous un seuil et donc plus d'argent par contre plus aucune évolution possible de carrière
Après on peut nous faire de grands discours sur la parité

uriane

C'est vrai que le plus gros investissement est fait au premier enfant.
Baisser les allocs oui, le plus dur étant de fixer des seuils et certaines fois des personnes qui gagnent moins mais dont les parents les ont aider à acheter leur habitation vivront mieux que des personnes qui gagnent plus mais pas assez pour se payer la même chose.
Le problème de prendre des seuils seulement sur les impôts sur les revenus est que ça ne prend pas en compte le patrimoine et étant donné que l'habitation représente souvent 1/3 des salaires (loyer ou prêt), ceux qui se passent de ces charges là sont moins à plaindre que des personnes qui gagnent plus mais qui ont ces charges.
D'autre part, on risque de renforcer la clivalité de la france entre la france des "assistés" (qui malheureusement se ressentiront de plus en plus comme tel) et la france de ceux qui bossent et qui ont l'impression de bosser pour ces assister, ça risque de desservir énormément le système social de la France qui a besoin de réforme mais de conserver ses grands principes sous peine de disparaitre totalement.
N'aimant pas notre ancien président, je suis quand même d'accord sur le fair qu'il faut valoriser le travail...

Nad

Elle ne retravaillera pas ou ils n'auront pas d'enfants comme les allemands !

Erika

Faire le calcul simplement sur les allocs pour un arret de travail est dangereux. Il faut prendre en compte l'evolution de carriere et de salaire qu'on n'aura pas, la retraite qu'on n'aura pas, etc. Les exemples servent de base pour comprendre le pb, mais a chacun de refaire son calcul.

Lucette

Ça me paraît un peu réducteur comme article... Je veux bien croire qu'un couple qui vit à Paris avec 4000€ par mois n'est pas riche, mais dans le reste de la France ça permet quand même de vivre normalement. S'il s'agit d'un problème parisien, il suffit juste de créer des seuils différents pour l'île de France, ça ne me paraît pas insurmontable.
Et puis, tout le monde sait que faire un enfant comporte des sacrifices, après il faut évaluer le rapport bénéfices/pertes : est-ce que fonder une famille justifie une baisse de son pouvoir d'achat ? Ça me semble être une conséquence logique et je n'ai jamais compris qu'on attende de l'État de corriger cela. Pour les couples aux revenus confortables, ces aides ne sont pas vitales, elles mettent juste du beurre dans les épinards.
Pour ce qui est de frapper plus durement les femmes que les hommes, je pense aussi qu'il est temps pour les femmes d'arrêter de se laisser dicter leur conduite. Si elles veulent garder leur indépendance financière, qu'elles continuent à travailler. Un enfant ça se fait à deux, pas aux dépens de la mère. Au XXIe siècle, il serait temps qu'on apprenne à dire m***e quand la solution proposée se fait à nos dépens.

Claire

Nathalie, il faut vraiment avoir un boulot épanouissant, des conditions de transport et de vie qui valent le coup pour accepter un niveau de vie qui baisse. Certaines femmes, comme moi, qui ne gagnons pas beaucoup plus qu'un SMIC après 10 ans de carrière (y'a pas comme un hic ?!) qui avons fait le choix de s'éloigner de Paris intra-muros pour devenir propriétaire, avons plus de 2h30 de transport quotidien et un stress monstrueux pour être à l'heure chez la nounou, et pour faire bain, dîner etc... Le calcul est vite fait. Travailler à perte, ou travailler pour 100 € dans ces conditions c'est clairement NON ! Même si le boulot est intéressant !

Sarasvaty

Je suis ravie de lire des témoignages de femmes qui connaissent et défendent la valeur de leur indépendance financière. Et qui en plus sont prête à participer à un effort collectif. Quand on le peut, ça donne encore plus de sens au fait de défendre sa place sur le marché du travail.
Mais je comprends aussi le témoignage de Claire. Il faut rappeler qu'il y a des fortes inégalités en matière de contrats et de salaires.
@ Anne-cé : ne vous énervez pas , vous avez les moyens d'être zen

carine

euh, @sarasvaty, je trouve ton message un brin contradictoire...quid de l'indépendance financière si on travaille à perte??

L'effort collectif, mais il y a d'autres moyens d'y participer (d'ailleurs la maman, est aussi un être humain, un contribuable, un consommateur, un automobiliste etc et à tous ces titres participe déjà largement à l'effort collectif).

En résumé : on gèle les salaires, l'école finit à 15h, mais il faut être flexible et travailler plus pour le maintien dans l'emploi, on baisse les allocations, on supprime des avantages dans les modes de garde, alors pour celles qui ont déjà leur famille, à part se serrer la ceinture, ben je ne vois pas, par contre pour celles qui n'ont pas ou un seul enfant, ce sera très dissuasif alors qu'une bonne démographie c'est important

9vies

Mince, je ne vois pas mon commentaire d'hier soir.

En résumé, voici le fond de ma pensée:
Il est assez facile d'opposer "pauvre"/"riches" et c'est préjudiciable pour ce sujet qui devrait plutot nous unir.
En plus, définir qui est "sur et "sous" la barre est un exercice compliqué ... et on n'y gagne pas forcément. Le monde n'est pas blanc ou noir, il y a des gens en province qui avec un salaire modéré et de très faibles charges s'en sortent surement mieux que des cadres parisiens.
Mais bon, passons.

En admettant que certaines familles soient effectivement plus aisées et puissent se passer de tout ou partie des allocations, il faut à mon sens distinguer 2 sujets différents:

*D'un coté les allocations familiales (qui sont aujourd'hui "universelles" et selon le nombre d'enfant): il est vrai et il serait honnete d'accepter l'idée qu'a partir d'un certain revenu, l'avantage marginal (le supplément de pouvoir d'achat que confère l'allocation) est faible. Elle est peut-être épargnée. Et si elle est divisée par 2 ou 4, cela ne mettrait pas en danger la famille, mais pourrait faire quelques économies à l'Etat.

*De l'autre le complément de mode de garde et la PAJE en générale.
Priver de PAJE (et surtout d'aide au niveau des cotisations sociales) des familles "aisées" (soit-disant), c'est parfaitement contre-productif.

-->Pour une assistante maternelle autrefois payée 800€ --> cela veut dire 660€ de cotisations sociales en plus. Maintenant, ce ne sont pas seulement les mamans payées au SMIC qui vont se demander si il ne vaut mieux pas rester à la maison.
Car NON, on ne peut pas tenir 3 ans à bosser "pour la nounou". Impossible. C'est frustrant et financièrement stupide.

--> Donc, ou on va arreter de travailler, ou on va réduire notre temps de travail non par choix mais pour éviter un "effet de seuil".
Pour la société: plus de maman demandant au final le complément de libre choix d'activité. Moins d'heures travaillées = moins de cotisations = moins de rentrées financières.
Ah, et sans parler de la potentielle nounou mise au chomage.

--> Pour les gardes à domicile, finalement, ça va peut-être multiplier les gardes partagées à 3 familles pour tenir le choc financièrement... bon, de toute façon, si d'un coup il faut payer les cotisations sociales à 100% seule une très très légère minorité utilisera encore ce système (sauf gardes partagées à multiples employeurs)

--> Personnellement je suis pour le maintien de la PAJE pour la 3e tranche de la CAF a minima jusqu'a la scolarisation du petit dernier, c'est la seule solution. C'est cela, madames, qui fait que nous arrivons aujourd'hui à avoir autant de mère qui travaillent malgré le manque de place en creche. Sinon, nous serions comme en Allemagne, obligées de choisir entre faire des enfants ou une carrière.

NB: on me propose la place en creche je la prends: les couts n'ont rien à voir.

Conclusion:
1/ pourquoi pas la baisse des allocations familiales sur certains hauts revenus (mêmes si franchement je pense que t'Etat pourrait trouver de quoi faires des économies ailleurs)
2/ Pas touche à la PAJE. Au contraire: Maintien de la PAJE jusqu'a l'entrée à l'école de l'enfant pour ceux qui n'ont pas de place à l'école à 3 ans (de janvier à aout pour les enfants de 3 ans non scolarisé - fréquent en ile de france).

Bien sur les montants en jeu peuvent faire peurs aux non franciliens/ non parisiens. Il est vrai que c'est de la folie (nous F4, 1500€/mois, nounou 1000€, impossibilité aujourd'hui d'acheter vu les prix...). Mais si on doit commencer aussi à faire la politique familiale en fonction de la localisation, ça ne va pas encore plus compliquer les choses?

Tuto Bourse

Un vrais plaisir de lire cette article, je vous remercie enormement !!!

Maillot foot

La carte montre également que les Européens sont de plus en plus la convoitise, la trahison, le phénomène de fidélité est à la hausse. Par les sites de rencontres sur les 1,5 million de membres après une enquête a révélé que la plupart des Parisiens "déloyal". Ceux qui trompent compagnon, plus de la moitié sont très instruits, 22% des personnes provenant des secteurs financiers, bancaires et d'assurance, ils ont trahi la raison principale de son partenaire, c'est que vous voulez tester vous-même combien la tentation.

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