Premières photos de la Journée Maman travaille...
Le SOS d'une mère active en détresse: "Si j'arrête de travailler, je vais le regretter, mais..."

1 mère sur 2 a déjà renoncé à une opportunité professionnelle pour préserver sa vie familiale. [Exclusif: Les résultats de l'étude Maman travaille]

étude

Ce jeudi 6 juin, en préambule de la journée Maman travaille, j'ai eu le plaisir de présenter les résultats de la 1ère étude menée par Maman travaille à des journalistes et des délégations d'entreprises membres de l'association Maman travaille, en avant-première.

Réalisée entre février 2013 et juin 2013. Notre panel est composé de 987 mères, ACTIVES, URBAINES, CONNECTEES, mères de 1,8 enfant en moyenne, dont 60% ont au moins un enfant de moins de 3 ans, avec une légère surpondération de femmes cadres.

L'étude complète fait 33 pages, avec analyses et commentaires des trois experts qui l'ont menée. Je partage avec vous, aujourd'hui, la synthèse de ces résultats édifiants...

 

Etude dirigée par Marlène Schiappa et Cédric Bruguière. Avec la participation de Julie Landour. Design par Isabelle Vermeir. Pour toute citation, merci de créditer Maman travaille, jusqu'à 1000 signes (au-delà, nous contacter)



Les mères actives et l’argent
Sans les allocations familiales ou sans le salaire de leur conjoint, 13% des mères actives vivraient sous le seuil de pauvreté ou à son niveau. 18% des mères actives gagnent plus de 45 000 euros net annuels.
• Les mères entrepreneuses sont majoritairement (à quelques exceptions près) moins bien payées que
les mères salariées. Certaines l’expliquent par le jeune âge de leur entreprise, d’autres par le choix de bénéficier d’une plus grande souplesse horaire en « échange » de cette baisse de revenus.
Les mères travaillent avant tout pour s’épanouir (40%), pour leur indépendance financière (24%), par
obligation matérielle (18%).


Les mères actives et les modes de garde
• 39% des enfants de mères qui travaillent sont gardés chez une assistante maternelle, 36% sont gardés en crèche dont 65% en crèche municipale, 9% en crèche d’entreprise.
44% des mères qui travaillent considèrent que trouver un mode de garde a été une épreuve. La
majorité considèrent qu’elles ont obtenu une place « par la chance. »
• 36% des parents ont déjà envisagé d’arrêter de travailler pour garder les enfants. 5% des pères ont déjà envisagé d’arrêter de travailler pour garder leurs enfants.


Le congé maternité
• 78% des mères actives ont pris un congé maternité entier, voire un peu rallongé (congé pathologique, par exemple). 18% des mères n’ont pas pris de congé maternité (7%) ou ont travaillé tout de même pendant leur congé maternité (11%).
• Parmi les répondantes, les mères qui travaillent allaitent plus (71%) que l’ensemble des mères
(56%). Sur 10 mères qui allaitent, 4 ont déjà poursuivi leur allaitement après la reprise du travail (lait tiré, allaitement mixte, travail à domicile…).
Plus d’1 mère active sur 4 a été mal accueillie au travail à son retour de congé maternité. Mais
près de 7 mères actives sur 10 estiment avoir été bien accueillies.


Les mères actives et la conciliation
• 23% des mères actives disent bricoler pour concilier vie pro et vie familiale. 22% des mères actives partent plus tôt du travail et retravaillent chez elles, le soir, pour mieux concilier vie pro et vie familiale (seuls 9% de leurs conjoints le font).
• 27% parviennent à tout concilier grâce à leur nounou ou à leur baby-sitter.
Les 3/4 des mères actives trouvent difficile, voire très difficile de concilier vie professionnelle et vie
familiale, 1% de l’échantillon trouve que c’est « très facile. »
Les absences pour enfant malade sont spontanément citées comme raison de la non-progression de carrière des mères qui travaillent
• Les femmes cadres estiment plus difficile (81%, vs 76% sur l’échantillon global) la conciliation vie pro et vie familiale que les femmes employées.


Au boulot !
Le manque de temps (70%) et l’inadéquation des horaires des modes de garde et de l’école avec les horaires
du travail (34%) sont les deux principaux freins à la carrière des mères.
44% des mères actives sont prêtes à changer de poste juste pour bénéficier d’une organisation
de travail plus souple en terme de présentéisme (horaires, télétravail) Et ce, avant un meilleur salaire, un assistant ou un titre plus prestigieux.
• 60 % des mères cadres ou dirigeantes se disent vigilantes à permettre à leurs équipes de bien concilier vie pro et vie familiale.
• Les mères actives jugent sévèrement les politiques de parentalité de leur employeur. Elles ne sont souvent pas informées de ce qui est fait, et estiment qu’il s’agit de « blabla .»
La moitié des mères qui travaillent a déjà renoncé à une opportunité professionnelle pour préserver
sa vie de famille, et 55% des mères qui travaillent estiment que leur progression de carrière a été
freinée par la maternité.


Maman fatigue
• 67% des mères qui travaillent dorment moins de 7 heures par nuit, alors que les médecins recommandent 7 à 8 heures au moins, 41% des pères dorment plus de 7 heures par nuit. 9% des pères dorment plus de 10 heures par nuit, contre… 0% des mères.
63% des mères qui travaillent sont épuisées. 19% des mères qui travaillent prennent au moins une fois
par semaine des médicaments, vitamines, calmants pour tenir.
79% des mères qui travaillent renoncent régulièrement à prendre soin d’elles par manque de
temps. 37% ont déjà renoncé à se soigner ou annulé un rendez-vous médical faute de temps, 1 mère sur 5 saute des repas faute de temps, 62% des mères renoncent à prendre du temps pour leur couple, 46% des mères qui travaillent ont déjà renoncé à un projet personnel faute de temps.


Papa travaille
Dans 55% des cas, c’est la mère qui est seule responsable de la vie scolaire (réunions de parents,
kermesse…) en sus de sa vie professionnelle.
• 93% des mères qui travaillent contactent leur conjoint depuis leur lieu de travail.
• 62% des mères actives font ou prévoient leurs courses sur leur lieu de travail.


Et après
77% des mères qui travaillent ont le sentiment que concilier vie pro et vie familiale sera encore plus difficile pour leurs filles...


Si vous avez souscrit à l’étude Maman travaille, la totalité des résultats de l’étude, analysée et
commentée par nos experts, vous sera envoyée directement.

Contacts relations presse ou présentations en entreprises :
mamantravaille@yahoo.fr


Maman travaille est le 1er réseau de mères actives (Association loi de 1901 – www.mamantravailleassociation.fr)

Le blog est diffusé par Yahoo! depuis 2008: http://yahoo.mamantravaille.fr

Commentaires

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Sarah

Merci pour ce résumé qui donne envie d'en savoir plus :-)

Erika

Je me reconnais dans certaines de ses stats meme sans avoir participe a l'enquete, notamment la fatigue ou l'opportunite professionnelle manquee. A ce sujet je voudrais dire que c'est a mon avis ce qu'il y a de plus insidieux, car c'est nous qui refusons l'opportunite - on ne peut pas dire que l'entreprise de nous a rien propose. On m'a meme dire qu'a mon niveau je pourrais avoir plus d'emprise sur mes horaires, or JE SAIS que ca deraperait forcement (c'etait un poste operationnel) - donc j'ai dit non. Je sais que je ne pretendrai jamais a certains postes (que je visais il y a qq annees)...
J'ai aussi deja rencontre des mamans qui m'ont dit qu'elles n'oseraient pas se plaindre si pas d'augment au retour du conge mat (vive la culpabilite).

Poussine

Je suis au 4/5ième, j'arrive à me faufiler à 18h. Mais ça a un prix, et la situation s'est si dégradée que je vais bosser à reculons. Donc ça va pas!
Je suis donc à la recherche d'un nouvel emploi : plus de responsabilités, un meilleur salaire. Mais plus d'heures, donc je ne pourrai profiter de ma fille que le week-end. Donc ça va pas!
Au final, dans tous les cas, la culpabilité est au rendez-vous!
A la lecture de cet article, je me rends compte que cette problématique est une fatalité, pour nous mères actives, et il me reste à choisir si je choisis de faire partie de "La moitié des mères qui travaillent a déjà renoncé à une opportunité professionnelle pour préserver
sa vie de famille".

Leona

Je suis atterrée par le "18% des mères n'ont pas pris leur congé maternité". Comment est-ce possible ?? N'est-ce pas plutôt "n'ont pas pris la totalité de leur congé maternité", ce qui serait déjà choquant ?

Je me reconnais hélas aussi dans plusieurs de ces statistiques, le sommeil, les opportunités professionnelles, l'épreuve que constitue la recherche du mode de garde. J'espère que ces statistiques serviront.

carine

@erika, là où je suis ils sont altruistes : ils anticipent à ma place les difficultés que j'aurais eues (ou pas) et pour me les épargner, non seulement ne me font pas évoluer, mais me rétrogradent (doux souvenir du retour de congé maternité).

Et en plus ils sont devins : "oui maintenant votre fille est scolarisée...mais vous risquez d'avoir un 2è enfant" (ce qui n'est pas dans les cartons).

Je suis tombée enceinte quatre mois après que mon contrat ait été stable (c'était mon premier emploi), et ils me le feront payer toute ma vie.

Leah

Dieu merci, toute les boites/managers (car même avec une politique d'entreprise, si le N+1 est un con, ça ne fonctionne pas) ne sont pas comme ça.
Je suis dans une grosse boite. On peut être augmenté soit par simple augmentation de salaire (chaque année les négos direction/syndicat définissent un nombre d’augmentations à attribuer), soit par progression de niveau de "hiérarchique" (qui entraine une augmentation de salaire).
A mon retour de congé mat', on m'a dit qu'on ne m'avait pas mis sur la liste des augmentations simple car on pensait qu'il valait mieux pour moi (& ma carrière) obtenir une progression hiérarchique.
Finalement toutes les augmentations n'ayant pas été attribuées "au 1er tour", on m'en a donné une quand même. Ca a un peu retardé la progression hiérarchique (1an), mais au final je l'ai eu également.
J'ai conscience d'être très chanceuse (mais je m'en doutais: quand j'ai annoncé ma grossesse, mon boss n'a pas eu une 1/2 seconde d'hésitation avant de s'exclamer "c'est génial, c'est une super bonne nouvelle", et n'a pas semblé choqué quand je lui ai dit que je prolongerai mon congé mat par mes CA + un CET ce qui me ferait rester absente plus de 8 mois!), mais c'était juste pour apporter une lueur d'espoir : parfois, ça existe !

Erika

Tout n'est pas negatif, je suis dans une grosse boite, et du coup j'ai forcement le "minimum syndical" et un N+1 super comprehensif (qui me permet de travailler de la maison a titre exceptionnel si un de mes enfants est malade, ne me colle jamais de reunion en fin d'aprem), mais je suis qd meme cataloguee (par les autres que lui). Mon mari et moi bossons dans la meme boite, avons le meme diplome, et jusqu'a present des parcours proches. On gagnait la meme chose jusqu'a notre 1er enfant, et selon les annees lui ou moi avait une prime plus elevee. Cote salaire, je n'ai pas encore trop decroche, j'ai de la chance (pr cb de tps??), mais mes primes sont systematiquement plus faibles. Je fais moins d'horaires.
Ce qui est pervers, c'est aussi le budget d'augmentation compte globalement sur la masse salariale. Si je donne X euros a un tel je pourrai pas donner a une telle. On m'a deja dit "un tel fait bcp d'heures, meme le dimanche, je dois l'augmenter plus". Allo??? Tant qu'on reste sur un modele je fais des heures et je le montre (l'email prepare et envoye le + tard possible), ca bougera pas aussi.

Je me pose pas mal de questions sur mon avenir, car je n'ai pas trop de modeles ds la boite de femmes qui reussissent a concilier les 2 (faut aussi dire que je bosse ds un milieu qui se feminise doucement).

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