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juin 2014

Il suffit de venir à 18 heures à la réunion

Souvent, ce sont de toutes petites phrases qui déclenchent des réflexions profondes et longues. Je me souviens de cette pédopsy à la crèche qui avait dit "Je ne vous parle pas Monsieur, nous savons tous que seule la mère compte, pour un enfant." Et d'autres... Dans mon roman Pas plus de 4 heures de sommeil, c'est le "Il faut avoir des couilles de la patronne, qui résonne et raisonne.

Cette petite phrase, je l'ai entendue cette semaine, dans le cadre d'un projet que j'essaye de monter en parallèle de Maman travaille.

Comme dans une chanson de Carla Bruni, je ne sais plus qui c'est j'entends encore la voix mais je ne vois plus les traits, c'est quelqu'un qui m'a dit... de venir à 18 heures à la réunion. Ca pourrait être une phrase innocente, sauf qu'elle était précédée d'un "il suffit". Faukon, Yaka.

"Il suffit de venir à 18 heures à la réunion." Dans la tête de cette personne, un homme forcément, il suffisant donc de venir à 18 heures à la réunion et quel était le problème ? Si on remonte son film, sans doute le matin a-t-il pris une chemise qu'il n'a pas repassée, peut-être a-t-il enchaîné avec un café, une tasse qu'il a lavé, le héros ! et puis des réunions, des événements, des réflexions, un déplacement peut-être, un déjeuner d'affaires sans doute, ou un sandwich vite avalé, et puis l'après-midi, des réponses à des mails et un appel à des amis, et puis à 18 heures, il suffit de venir à la réunion.

Il n'a pas d'enfants, ou s'il a des enfants il ne va pas les chercher puisque ce n'est pas un problème pour lui d'être à 18 heures à la réunion.

Quand il me dit "Il suffit d'être..." J'ai tout un système de pensées automatiques qui se met en place dans ma tête. Comme si malgré moi, mes neurones se connectaient et commençaient déjà à réfléchir, et tandis que ma main écrit au stylo sur mon agenda "18 heures - Réunion" et souligne le réunion, je calcule, si je pars à 17 heures, si je passe à la crèche d'abord et à l'école après, si j'ai le temps de reposer les enfants avant de repartir à la réunion, et où est le sac de piscine ? Car si je suis à 18 heures à la réunion, je suis à 21 heures à la maison, et il faut que j'ai préparé tout ça avant.

De toute évidence, avec un rendez-vous à 15 heures, je ne peux pas aller les chercher et repartir à 18 heures à la réunion, je dois donc trouver une solution. En plus, la réunion a lieu mardi et mardi, c'est moi qui vais les chercher (comme lundi, comme vendredi, comme jeudi et comme mercredi). Leur père est en déplacement, ça tombe mal. En même temps, les réunions à 18 heures, ça tombe rarement bien.

Une liste à puces se fait dans ma tête et si nous étions dans un film, elle apparaîtrait en surbrillance. Comme dans un sketch d'Olivia Moore, je passe en revue les gens qui pourraient aller chercher mes deux enfants et les garder jusqu'à la fin de la réunion où il suffit que j'aille.

Les grands-parents sont loin, travaillent, sont malades, sont morts, comme dans une chanson de Thomas Dutronc, et je me dis ne pense pas à Thomas Dutronc, pense à trouver qui va aller chercher les enfants.

La voisine, la boulangère, la maman d'Inès comme dans Pas plus de 4 heures de sommeil, voyons voir, et les copines... L'une est loin l'autre a yoga l'autre sera aussi à cette réunion. Et les copains ? Les copains ont déjà gardé mes filles, et je ne vais pas appeler l'ensemble de mon répertoire pour trouver qui va aller chercher MES enfants, après tout, c'est à moi de le faire, non, ce sont mes enfants ?

Au pire je n'y vais pas, les chercher.

Après tout la petite a 2 ans 1/2, elle peut rentrer seule en poussette avec la grande qui la pousse, non ?

Finalement, après 84 coups de fil, je finis par trouver quelqu'un en passant par une agence, une baby sitter de secours ira chercher les enfants, "il suffit de" signer le contrat, donner les pièces nécessaires, trouver un rendez-vous pour ce contrat, trouver de l'argent pour payer le tarif prévu dans ce contrat, qui n'est pas cher payé pour garder la prunelle de mes yeux pendant que je vais travailler mais qui fait quand même un trou dans mon budget.

Car l'argent gagné en allant à 18 heures à la réunion, il va partir dans le mode de garde pour me permettre d'être à 18 heures à cette réunion.

Pendant que j'ai cherché une baby sitter, j'ai pris du retard. Les alertes mails sonnent, j'ai 17 messages vocaux, 5 SMS dont 2 de relances, un manuscrit à terminer, deux articles pour des revues universitaires en retard, une commission à préparer pour le lendemain et une visite dans une association à débrieffer. Je dois aussi rappeler le RSI qui veut ma déclaration de chiffre d'affaires de l'année pour mon entreprise; et payer le réalisateur qui était avec nous au Ministère des droits des femmes pour Maman travaille, j'ai peut-être mis le chéquier dans le sac de piscine ?

Le jour venu, le mardi, je vais à 18 heures à la réunion. J'arrive à 17 heures 54, je suis en avance, je suis contente car la dernière fois que j'avais une réunion à 18 heures j'ai du emmener mes deux enfants, et la fois d'avant j'ai courru les chercher puis les poser puis attendre l'arrivée de la baby sitter, qui était en retard, et j'ai courru 35 minutes dans la ville avec des talons derrière le tram avant d'arriver, en nage, à la réunion à 18 heures 02.

J'arrive à la réunion, donc, à 17 heures 54, j'ai eu mon train Le Mans - Paris, je suis en avance et je suis contente, c'est un miracle, j'ai même retrouvé le sac de piscine et le chéquier.

Le monsieur avec qui j'ai rendez-vous pour la réunion est là, et le monsieur qui m'a dit qu'il suffisait d'être à 18 heures à la réunion est là, lui aussi, ça y est je me souviens qui c'est. Je ne le connais pas très bien, nous nous sommes croisés il y a 5 ans sur un autre projet.

Ce n'est pas méchant, c'est même plutôt gentil de me dire qu'il suffit de venir à 18 heures à la réunion.

Sauf que ce "Il suffit de..." montre le décalage fralgrant qui existe entre ceux qui décident des horaires des réunions et celles qui doivent venir aux réunions. 

Et pourquoi ne serions-nous pas celles qui décident des horaires de réunions ?

 

> Le livre Pas plus de 4 heures de sommeil (Editions Stock)


La Maison Blanche organise demain son premier "Working Families Summit"

La Maison Blanche et le Ministère du Travail américain organisent une grande première aux USA: le Working Families Summit. L'idée ? Réunir le temps d'une journée les personnes qui réfléchissent et agissent pour une meilleure conciliation vie professionnelle / vie familiale. Bref, une Journée Maman travaille comme nous en organisons depuis 2012 ! Carrément.

L'enjeu ? Sur initiative du Président Obama, réunir les avocats, syndicats, parlementaires, jeunes parents, pour parler de thèmes comme: 

l'égalité des salaires entre hommes et femmes et entre avec / sans enfants

la flexibilité horaire, le télétravail

la place des boomers dans la conciliation vie pro / vie familiale

l'éducation, les modes de garde des enfants

 

Il est particulièrement intéressant de noter que dans ce programme dense et complet n'est pas prononcé une sele fois le mot "grossesse". Dans un pays où l'école maternelle est payante; où le congé maternité est un luxe; on peut néanmoins remarquer l'utilisation systématique du mot "parents" et non du mot "mère". Un très bon point pour généraliser l'égalité hommes/femmes, mais une interrogation quant aux questions liées intrinsèquement aux femmes (congé maternité, donc, notamment; mais aussi allaitement au travail et réduction des inégalités père/ mère)

 

Un combat qui est bien plus qu'une question de com' pour Barack Obama, qui s'était déjà fait le défenseur des mères qui travaillent dans un fabuleux discours, que je vous remets ici.

 

Les frenchies ne sont pas conviés, la question étant traitée au niveau du gouvernement fédéral, pour l'insant; mais peut-être ouvert plus tard à l'internationnal: et pourquoi pas un grand sommet des working moms, à l'image du women's forum ?

Si vous êtes un partenaire éventuel, n'hésitez pas à nous contacter :)

 

Félicitons la Maison Blanche de ce grand projet et pokons l'Elysée !

 

Plus d'infos sur le site Working Families Summit

 

(Merci à la journaliste Marte de Tena pour l'info)


La RSE (Responsabilité sociale des entreprises) est-elle une manipulation de masse ?

La RSE (Responsabilité sociale des entreprises) est apparue depuis une vingtaine d'années comme un sujet majeur de préoccupation des DRH d'entreprises. Pêle-mêle, on peut y trouver des questions comme la responsabilité environementale, l'égalité hommes-femmes, la "diversité", l'emploi des personnes handicapés ou la parentalité en entreprise... Bref, tout ce qui fait que l'entreprise va se montrer concernée par la trace qu'elle laisse dans le monde qui l'entoure.

 

Avec Maman travaille, j'ai l'habitude de travailler main dans la main avec les responsables de ces services. Indirectement, la RSE touche aussi au bien-être au travail. Récemment, nous étions réunis à Nantes, avec les membres du jury du Trophée 1001 Vies organisé par Harmonie Mutuelle.

Avec des représentants de la Jeune Chambre Economique de Commerce, du CJD, de Harmonie Mutuelle et d'autres organisations, nous avons étudié un par un les dossiers présentés par les entreprises candidates. Toutes, consciemment ou non, avait mis en place des politiques de RSE avec des pratiques généralement innovantes, à impact direct sur ses salariés et indirect sur son environnement.

L'an dernier, avec le Prix Maman travaille coordonnée par Hélène Bonvalot, nous avions même récompensé, avec notre propre jury, deux initiatives:

  • La plateforme de places en crèches d'entreprises BBbook, créée par Ariane Raugel: les entreprises qui y souscrivent ont une politique de RSE puisqu'elles se préoccupent du mode de garde de leurs salariés.
  • L'entreprise d'Elsa Granger, par ailleurs chroniqueuse aux Maternelles sur France 5: Avisdemamans.com, qui embauche des parents en sortie de congé parental en télétravail total.

 

Mais la RSE peut parfois rimer avec "poudre aux yeux" (j'étais poète, dans une vie antérieure). C'est le cas pour moi avec L'Oréal, chez qui chacun sait que je suis grillée à vie.

Pour celles et ceux d'entre vous qui l'avaient raté, ou qui n'étaient pas encore avec nous en 2010, je vous invite à lire ici mon coup de gueule contre le double discours communicant / manager de la DRH. (Le ton est virulent, j'étais jeune, j'avais bu, je n'ai pensé qu'à toi...)

 

Dans "Extension du domaine de la manipulation", éditions Pluriel, Michela Marzano apporte un éclairage différent surla RSE. Pour cette doctoresse en philosophie, professeure de philosophie morale, en clair, la RSE est le fruit d'un désengagement continu et exponentiel de l'Etat.

Démentèlement du Code du travail, échec des politiques d'emploi successives depuis les années 70, la RSE est le fruit du constat suivant: Moins d'Etat dans la société > plus d'entreprise dans la société > la société remplace l'Etat sur certaines de ses missions.

"Comme le gouvernement ne joue pas un rôle moteur dans le règlement des problématiques environnementales, les industries d'y mettent" note ainsi Jonathan Lash, président d'un think tank basé à Washington, le Word Resources Institute.

Le même constat se fait en ce qui concerne la parentalité en entreprise: l'Etat étant inapte à répondre à la demande de places en crèches (il en manque toujours 300 000 d'après le Rapport Rabarot, 500 000 d'après le Laboratoire de l'Egalité, beaucoup trop dans tous les cas...) ce sont des entreprises qui se chargent de répondre à cette offre. La question d'un service public de la petite enfance est régulièrment éludée par les politiques, très peu de lobbys en font encore la demande; et il est un fait admis pour chacun que les crèches interentreprises ou entreprises viennent pallier le manque de crèches municipales.

Dans "Quand les entreprises s'engagent en banlieue", édité par IMS Entreprendre pour la Cité / Autrement, Anne Dhoquois, journaliste spécialiste de la question, passe en revue l'évolution des politiques d'insertion et d'emploi dans les banlieues.

Là encore, on note un désengagement de l'Etat, pallié par un engagement plus fort des entreprises: ainsi, un plan comme les "écoles de la deuxième chance" initié en 1997 par Edith Cresson, dispositif menant vers un retour à l'emploi dans plus de 65% des cas, n'existe plus aujourd'hui. Il a cédé sa place à des initiatives entreprise par entreprise, branche par branche, avec les directions "diversité" des entreprises les plus engagées sur le sujet.

 

Ainsi, la Charte de la diversité n'a pas été initiée par l'Etat pourtant plus légitime qui quiconque pour éditer des chartes de ce type; mais par Claude Bébéar (AXA) suite à un rapport de l'Institut Montaigne de Yazid Sabeg. Aujourd'hui, près de 4000 entreprises sont signataires de cette Charte qui ne contraint et ne contrôle pas grand-chose; même si elle a l'énorme intérêt de mettre le sujet sur la table - ce qui est déjà un travail colossal.

 

Est-ce vraiment le rôle des entreprises, côté employeurs ? Lors du lancement de la Charte de la parentalité en entreprise, certains partenaires s'offusquaient de l'absence des syndicats: "On nous avait dit que les syndicats seraient associés, il n'en est rien..." Le développement des RSE est évidemment une bonne chose pour des entreprises plus humains et un monde du travail plus responsable, d'un point de vue pragmatique. Mais philosophiquement, il apparaît que la RSE porte en elle plusieurs risques:

Le corporatisme , les inégalités branche par branche:

Chaque secteur pouvant créer ou adhérer à sa propre charte, en dehors de tout contrôle de l'Etat, et même de toute impulsion de l'Etat ou des collectivités publiques; aucune homgénéité ne peut se mettre en place. D'une branche à l'autre, les conditions d'applications peuvent varier considérablement; avec une tentation corporatisante forte...

 

La négation des syndicats:

Quand l'employeur décrète sa propre charte, ou l'établit avec des réseaux ou associations (comme la notre, Maman travaille) cela doit se faire en concertation avec les partenaires sociaux. Or, les chartes n'obligent nullement à les consulter. De même, la RSE peut être une façon subtile de les contourner tranquillement. Cela peut parfois se passer plus en douceur, mais une fois encore, philosophiquement, cela peut revenir à une négation pure et simple des accords de validité des syndicats...

 

La commercialisation de l'éthique:

Dans "Les emplois de demain", Lucie Robequain et Fabrice Lacombe, au Cherche-Midi éditeur, évoquaient déjà en 2005 une future "guerre des valeurs". "Ces grands principes qui vont de l'égalité des chances au développement durable, s'affichent dans tous les rapports sociaux, sur les plaquettes, sur les sites Internet..." écrivent-ils, seront un des atouts majeurs des entreprises qui entendent recruter et fidéliser.

Michela Marzano, elle, explique dans Extension du domaine de la manipulation - de l'entreprise à la vie privée -  "Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est que même la morale ou la politique semblent régies par les lois du Marché et ne paraissent plus avoir d'existence autonome. L'utopie néolibérale seraint ainsi celle d'une société sans Etat, ou d'un Etat minimal, réconciliée et débarrassée des tensions entre individus et système, en subordonnant les sphères politiques, sociales, culturelles, à la sphère économique."

 

Sous des dehors sociaux, la Responsabilité sociale des entreprises ne serait donc que l'avènement d'une économie de marché poussée à l'extrême, avec privatisation des valeurs et forme nouvelle de paternalisme moral. "Les dirigeants d'entreprises nous imposent leur propre vision du Bien. Un modèle de société dont même Adam Smith n'aurait pas osé rêver..." souligne encore Michela Marzano, pour qui la RSE, on l'aura compris, relève purement et simplement de la manipulation de masse.

Néanmoins, on peut se demander ce que serait notre société, dans le contexte actuel, sans RSE. Bien sûr, dans un monde idéal (oserais-je dire utopique ?) les 500 000 places en crèches auraient été créées par l'Etat. Dans un monde idéal, il n'y aurait pas de RGPP, et les collectivités auraient à coeur de fournir des modes de gardes à tous les parents pour éviter que dans 98% des cas (source INSEE) les mères quittent leur emploi pour garder les enfants, quand ils n'ont pas de place en crèche. En attendant, la RSE colmate. Comme un moindre mal. Ou un meilleur bien.

D'ailleurs, souvent avec des budgets restreints, il faut voir l'inventivité et l'énergie de la plupart des RSE de grandes entreprises comme de PME... Mais là, je vais devenir manichéenne, et Michela Marzano conclurait avec cette phrase: "Derrière la volonté affichée de prendre en compte les exigences morales de notre société, n'y a-t-il pas tout simplement la recherche de la maximisation des actions ?" Ou l'éternel débat: faut-il avoir un but pur et désintéressé pour lancer une action positive ? Autrement dit, faut-il invalider la RSE sous prétexte qu'elle recherche le profit, in fine ?

 

 


Des Barbies à la peau noire et aux cheveux naturels: pourquoi c'est important

Barbie n'a jamais été un modèle de réalisme. Souvenez-vous, nous en parlions (voir lien en bas de la page) des artistes s'amusent d'ailleurs régulièrement à détourner les poupées pour en faire des oeuvres d'art ou pour démontrer que leurs proportions sont proprement fantasques.

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DR Natural Hair Dolls

 

Mais cela n'empêche pas des petites filles ou des petites garçons de jouer avec et de faire fonctionner le phénomène d'identification. Ainsi, dès le plus jeune âge, les enfants Noirs se voient-ils quasi obligés, face à la pauvreté de l'offre, de jouer avec des poupées blanches qui ne les représentent pas, et d'intégrer cette blancheur comme idéal de beauté.

Kenneth Clark, dans les années 50 et 60, avait mené des études psychologiques sur les enfants et leurs poupées. Il avait réussi à démontrer que les enfants Noirs désignaient généralement la poupée Blanche comme la plus jolie.

" Montre moi la poupée la plus jolie ?

- Celle là.

- Pourquoi ?

- Parce qu'elle est blanche.

- Montre moi la poupée méchante.

- Celle-là." (montre la poupée noire)

 

 

L'effet sur l'estime d'eux-mêmes des enfants est désastreux.

 

Alors lancer une collection de Barbie non seulement noires mais aussi avec les cheveux naturels - c'est-à-dire par une poupée vaguement colorisée, mais prise au naturel avec ses cheveux - peut permettre une identification, même imparfaite et partielle du fait de son corps irréel, de tous les enfants.

 

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DR Natural Hair Dolls

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Peut-être de quoi rendre les petites filles Noires fières de ce à quoi elles ressemblent, comme elles sont, et sans se retrouver obligées par des injonctions de beauté stéréotypées d'avoir recours à des produits comme des défrisants pour enfants; histoire d'avoir le cheveux le plus lisse possible, parce que c'est le seul que notre société admet dans l'espace public sans trop de regards en coins:

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Mais le public ne doit bien sûr pas rester uniquement composé des enfants Noirs et métissés, sans quoi on virerait vers un marché communautarisant, ce fameux "marketing communautaire" qui plaît tant aux publicitaires.

 

Pour que l'effet soit réel sur l'ensemble des enfants, Blancs, Noirs et autres, chacune et chacun doit pouvoir s'y identifier. Noirs ou pas.

Pour que la Blanche mince blonde cesse d'être l'étalon absolu, la parangon de la beauté dans l'inconscient collectif.

C'est peut-être aussi comme ça que les magazines féminins cesseront de nous dire que désolée, non, on ne peut pas mettre une femme Noire en couverture parce que vous voyez, "personne de Blanc ne peut s'identifier à un Noir." (C'est du vécu) et autres "Non, on ne peut pas mettre une femme Noire en photo, ça fait communautaire, on va croire qu'on parle aux Noirs" (vécu aussi, travailler dans la pub crée des souvenirs formidables...)

 

Femme actuelle noire

 

Barbie sans maquillage, Barbie ingénieure, Barbie ivre... retrouvez ici les variations des artistes autour de Barbie et de son modèle

 

Et sinon, dans mon roman Pas plus de 4 heures de sommeil, l'amoureux d'une des héroïnes est Noir. On m'a demandé pourquoi, j'ai répondu pourquoi pas. Il faut une raison particulière pour créer un personnage Noir ?

Et aussi, encore: le Pari(s) afro de Rokhaya Diallo

 

> rediffusion <