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janvier 2015

Comment s'aimer toujours malgré la routine (et les enfants) ? Les conseils de Frédérique Corre Montagu

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Traductrice, auteure de livres sur la maternité et en couple depuis la bagatelle de 27 ans, Frédérique Corre Montagu partage ses conseils pour s'aimer toujours dans un nouveau livre: "S'aimer toujours" écrit avec la psychologue Muriel Boinot. On y apprend des choses intéressantes sur la vie de couple au gré de la routine ou des enfants, comme...

 

1/ Un couple qui dure n'est pas forcément un couple qui s'aime

C'est partant de ce parti pris que le livre entend aider les couples qui ont envie de durer à garder le contact. C'est vrai, on en connait des couples fiers d'être ensemble depuis 10, 15, 20, 25, 30, 35 ans... mais qui ne peuvent plus se supporter ! Pour Frédérique Corre Montagu, on peut agir là-dessus en mettant en place des règles simples.

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Vos avis et envies autour des prochaines rencontres "Maman travaille" ?

En novembre dernier, vous avez été nombreuses à vous retrouver dans 5 villes de France, autour de nos coordinatrices Anaïs, Cécile, Enora, Jenny, et Marlène (ma pomme) à Paris, Bastia, Dijon, Rennes et Le Mans. Nous voulons continuer et aller plus loin, avec plus de villes, plus de mères actives et plus d'échanges :)

Pour ça, toute notre équipe de bénévoles a besoin de connaître vos envies. Hier, Anaïs Lunet, Virginie Mergoil et moi avons planché sur ce petit questionnaire, qui va nous permettre de mieux répondre à vos attentes vis à vis des rencontres Maman travaille...

A vous la parole, ça prend trois minutes chrono !

 


Place en crèche: "Faites-nous savoir si par bonheur votre situation évolue (décès, licenciement, divorce)"

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Extrait de "Pas plus de 4 heures de sommeil" (Stock)

 

Quand en 2008 j'ai lancé Maman travaille, il manquait en France entre 350 000 et 500 000 places en crèches, selon les différentes modes de calcul. Le premier chiffre venait du Rapport Tabarot sur la petite enfance (la droite alors au pouvoir) et le deuxième du Laboratoire de l'égalité, plutôt à gauche (alors dans l'opposition).

Nous analysions ici ce Rapport de la Cour des Comptes sur les modes de gardes.

Au passage, on peut sourire jaune en pensant qu'à chaque fois qu'un parti est au pouvoir, il estime que ça va imothep, on n'a pas trop de problèmes de places en crèche et dès qu'il arrive dans l'opposition, ohlala il en manque hein des places en crèches ma bonne dame !

Chez Maman travaille, quelle que soit l'orientation politique (ou non) des membres et du bureau de l'association, nous avons toujours dit qu'il en manquait. Depuis 2008, certaines ont tout de même été créées, principalement par des villes (nous pensons à Paris qui fait de gros efforts pour ouvrir des berceaux surtout depuis qu'Anne Hidalgo est Maire, et à Bordeaux qui ouvre en quasi permanence des places pour satisfaire les demandes.)

De facto, de nombreuses demandes restent insatisfaites. Vous avez peut-être vous ausis reçu ces courriers invraisemblables de refus de places en crèches. Dans mon roman "Pas plus de 4 heures de sommeil", j'ai écrit des lettres de refus de places en crèche aussi kafkaïennes que celles que l'on reçoit parfois.

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Et lors des rendez-vous et des rencontres Maman travaille, j'ai par exemple entendu:

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Maman était journaliste: nos souvenirs avec Charlie

"Un journaliste c'est quelqu'un qui travaille dans un journal". Je ne me souviens plus s'il s'agissait des mots exacts, je ne me souviens plus de qui a dit ça. C'était en 2007, je quittais la publicité pour devenir journaliste. Je n'avais aucun réseau ou presque, alors j'écrivais beaucoup aux gens. J'ai fait un genre de petite liste des journalistes que j'aimais et que j'admirais, et je leur ai envoyé un mot en disant voilà, je débute, je ne connais personne, j'aime écrire, si on m'apprend, je pense que je le ferai bien, voulez-vous me rencontrer pour me parler ?

Chez Charlie Hebdo, on m'a répondu, et on bu un café. On m'a dit des choses intelligentes. Des choses que je n'ai pas compris sur le moment. Des mots dencouragement, aussi, alors qu'ils auraient pu avoir autre chose à f... que de se taper des rendez-vous avec toutes les petites connes de Paris en reconversion professionnelle après un congé maternité.

Et puis, avec l'aide de quelques uns, je suis devenue journaliste. Notre génération a cette chance de ne pas exercer le même métier toute sa vie, et de pouvoir réaliser des rêves. Oh, bien sûr, tout le monde a voulu me décourager, "journaliste c'est mal payé", "journaliste ça recrute pas".  Finalement, j'ai pu devenir journaliste, à force de travail mais surtout grâce à des gens comme l'équipe de Charlie, parce qu'ils encourageaient et parce qu'ils inspiraient. Je me souviens leur avoir demandé, en gros, s'il y avait des formes de journalisme moins intéressantes que d'autres. C'est là qu'on m'avait répondu, en gros, un journaliste c'est quelqu'un qui travaille dans un journal, qui publie, que ce soit un dessin, un texte, qu'il fasse un reportage au bout du monde ou une chronique acerbe depuis chez lui.

Des menaces, j'en ai eues dès mes premiers articles publiés sur 20 minutes via le Bondy Blog. Quand effarée, j'ai découvert qu'un site d'extrême droite avait publié le nom et l'adresse de l'école de mon enfant, par exemple, en appelant à me traquer. Des mails, aussi. Des lettres écrites et timbrées. J'ai continué quand même. Puis il y a eu Maman travaille, j'ai monté une agence, j'ai été directrice éditoriale d'une agence de presse, et j'ai arrêté de demander une carte de presse.

Je ne dis plus que je suis journaliste, j'ai trop de respect pour ceux qui le sont vraiment. J'écris sur des blogs, je publie des chroniques et des articles sur un site collaboratif, le Huffington Post, et sur le site d'infos Les Nouvelles news, et une fois par trimestre environ, une enquête pour un magazine spécialisé dans l'actualité du Maghreb en Europe - qui reçoit aussi des menaces régulières... 

Dans un salon du livre où mon père m'avait emmenée, petite, j'avais eu une dédicace de Cabu sur un livre sur le journalisme. Je ne sais pas où j'ai mis ce livre. 

La liberté de la presse est un fondement de la démocratie. Je pleure, je pense à mes amis qui travaillent chez Charlie, je pense à ces mecs et ces nanas géniaux et généreux, ces gens qui faisaient du Journalisme, et je ne sais plus qui m'avait dit: "le journalisme, c'est publier une info ou un avis qui va emmerder ou choquer au moins une personne; le reste c'est du publi rédactionnel."

 

C'était décousu, mais je ne sais pas comment partager autrement ces bribes d'impressions qui s'estompent avec le temps. Hier au Mans nous étions des centaines dehors, puis à la Mairie, pour se regrouper et se recueillir. 

Dimanche, jour du prochain rassemblement, on devait fêter l'anniversaire de ma fille cadette. Je me dis que lui laisser un pays où la liberté d'expression existe, lui offrir la possibilité de devenir journaliste, dessinatrice, chroniqueuse si elle le souhaite, serait aussi un beau cadeau.

 

Toutes mes pensées vont aux familles et aux proches des dessinateurs, journalistes, agent, chroniqueurs, policiers assassinés.

Charlie