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La journée Maman travaille au Ministère des Affaires sociales de la santé et des droits des femmes....

Femmes battues, pourquoi elles veulent rester avec leur mari violent

Ainsi s'acheva presque la Journée dédiée aux violences faites aux femmes. Des chiffres effrayants, des femmes qui meurent, et des mantras:

Partez après le premier coup

Fuyez

Ne restez pas pour vos enfants, partez pour vos enfants

Et après le discours médiatiques, dans ma tête, tournent les phrases de mes amies.

M., ex collègue, qui me montrait ses bleus sur les bras le mardi et m'invitait à dîner chez elle et son compagnon le vendredi. "Tu vas voir il est sympa quand il ne fait pas de crise."

B., militante féministe très connue, qui défile sur les plateaux TV en exigeant le partage des tâches ménagères, et qui m'appelle parfois en pleurant parce qu'"il" a recommencé.

C., qui ne peut pas partir parce qu'elle ne travaille pas, ne gagne pas d'argent, n'a nulle part où aller.

N., qui me dit que sa propre famille trouve ça normal et qu'ils l'ont prévenue: ils témoigneront contre elle si elle demande le divorce.

Est-ce que je peux les juger ? Ai-je ce droit ? Ce droit de dire "Moi à votre place... je serais partie dès le premier coup. Je n'aurais pas arrêté de travailler. J'aurais rendu les claques. J'aurais pris les enfants sous le bras. Je ferais un scandale. Je n'aurais pas choisi un homme qui me bat." Trop facile ? Trop facile.

- Pars, Copine, pars de chez toi !

- Pour aller où ?

Certaines ont demandé des places en foyer, il n'y avait plus de place en foyer.

Certaines n'ont pas de famille chez qui frapper et dire "coucou, me voilà, mes trois enfants et moi."

Certaines ont peur des représailles.

Certaines sont amoureuses de l'homme qui les bat.

Certaines ne veulent pas être vues comme des victimes, comme des cas sociaux.

Certaines ne veulent pas déscolariser les enfants en cours d'année pour aller dans un hébergement où elles ne pourront rester que deux mois au plus, avant de repartir, laissant les Barbies et les livres de Petit Ours Brun derrière elles.

Certaines sont enceintes.

Certaines n'ont pas de quoi payer un nouvel appartement.

Certaines trouvent que ce serait un échec.

Qu'est-ce que je peux leur dire ? Pars quand même, viens chez moi, venez toutes, on se collera et si "il" sonne, on le foutra dehors ? Déjà fait. Elles disent non.

Elles disent je ne peux pas. Elles disent mes enfants. Elles disent pas d'argent. Elles disent j'ai un dîner prévu jeudi soir. Elles disent il est gentil quand il ne me frappe pas. Elles disent il va s'arrêter. Elles disent arrête t'exagères je ne suis pas vraiment battue, il m'a juste mis deux trois coups. Elles disent je l'ai cherché. Elles disent on a déjà payé le Club Med cet été, on ne peut pas annuler. Elles disent j'ai un amant je m'en fous, qu'il cogne. Elles disent il ne frappera jamais les enfants. Elles disent il n'a frappé les enfants qu'une fois. Elles disent si je pars il frappera les enfants.

Elles ont peur qu'il obtienne la garde des enfants. Elles ont peur qu'il ait la garde alternée, et même un weekend, elles ne veulent pas lui laisser les enfants et les retrouver peut-être morts un jour parce qu'il a trop tapé, parce qu'un jouet traînait, parce qu'il était énervé, parce qu'il avait bu, parce que les enfants avaient mal parlé, parce qu'il a tant souffert le pauvre c'est facile pour lui tu crois cette situation ?

Elles ne sont pas (toutes) pauvres.

L'une est publicitaire, l'autre est lobbysite, une troisième est une écrivain à succès. Elles sont éduquées. Leurs maris sont "beaux et gentils".

Elles ne veulent pas les quitter.

Alors que faire ?

J'espère qu'elles vont lire cette chronique, elles ne m'en parleront pas, elles feront comme si elles n'avaient pas compris que c'était à elles que je parlais à travers ce post, bien sûr je ne les tagguerai pas, je ne leur enverrai pas, j'attendrais qu'elles fassent semblant d'avoir cliqué par hasard, elles ne likeront pas, mais peut-être...

Et si elles partaient quand même ?

 

>>> On en parle lors de la Journée Maman travaille mardi 8 décembre au Ministère des Affaires sociales, avec des spécialistes.

 

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