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Bad Moms: une vraie analyse sociale derrière la comédie potache

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Depuis début août, le film "Bad Moms" avec Mila Kunis (épouse d'Ashton Kutcher, ex de Demi More, vous suivez ?) cartonne au cinéma. Ecrite et réalisée par l'équipe de "Very Bad Trip", film à l'humour très en dessous de la ceinture et très provocateur (ce qui est un compliment dans ma bouche) "Bad Moms" s'inscrit sur le créneau moderne des "mères indignes", puisque c'est ce que signifie le titre - oui je sais, j'ai fait Anglais première langue.

Il est même surprenant que nous ayons du attendre 2016 pour voir un film sur la question des mères indignes, sujet ultra tendance et pourvoyeur d'articles, de blogs, de livres en pagaille depuis plus de 10 ans aux USA comme en France. 

Le scénario est plutôt basique: Une mère de famille épuisée (comme 63% de mères, se déclarant en burn out) par sa quête de perfection surprend son mari en pleine masturbation vidéo sur un site de webtchat sexuel. Elle le jète dehors et se retrouve mère célibataire avec deux enfants dont une fille névrosée, obsédée par sa sélection dans l'équipe de foot, et un garçon bruyant. Son patron la harcèle presque et elle n'a pas vraiment d'amies avec qui évacuer la pression. La présidente des parents d'élèves décide qu'elle sera responsable de la vente des gâteaux à la kermesse... et là c'est le drame. L'héroïne craque, devient amie avec les deux boulets des parents dans une Amérique WASP et BCBG: 1/ la mère au foyer de 5 enfants qui n'a aucune vie sociale et est tyrannisée par un mari misogyne et 2/ la mère célibataire alcoolique. A elles trois, elles vont briguer la présidence des délégués des parents, sur fond de drague ostentatoire du père de famille latino musclé et veuf. 

La comédie pour mères de famille est un genre nouveau qui me passionne fatalement, comme mère mais aussi comme écrivaine auteure du roman "Pas plus de 4 heures de sommeil" dont les droits cinéma ont été acquis par madame Mélissa Theuriau. En regardant Bad Moms, je me demande fatalement ce que donnera le film inspiré du roman que j'ai écrit au cinéma, inch'Allah. 

J'ai donc noté des similitudes flagrantes entre mon roman et ce film. Ma paranoïa n'étant pas assez grande pour imaginer que les scénaristes de Very Bad Trip auraient lu en cachette Pas plus de 4 heures de sommeil pour le plagier, j'en déduis que les comédies pour mères ont certaines bases commues, par exemple:

  • la présidente des parents d'élèves (personnage récurent chez moi sous le nom de Justine Desprez) qui s'avère avoir aussi des failles (scène de pleurs à la fin dans Bad Moms comme dans Pas plus de 4 heures de sommeil) Conclusion: la présidente de l'asso des parents d'élèves est la nouvelle figure de la chef des pom pom girls.
  • le père de famille sexy et veuf. Dans Bad Moms comme dans Pas plus de 4 heures de sommeil, il n'est pas célibataire ni divorcé mais veuf. Manière pratique d'évacuer les relations difficiles des familles recomposées ou féminisme qui empêche même en fiction de "piquer" un mec ?
  • l'incapacité pour les mères mariées depuis longtemps à draguer autrement qu'en parlant de... leurs enfants, scène ultra drôle dans Bad Moms quand Mila Kunis pleure en évoquant le dernier Disney ou suggère à un "date" de manger plus de légumes pour son équilibre alimentaire.

 

 

Bad Moms, c'est donc une comédie potache rigolote, où les "punchlines" s'enchaînent comme des perles sur le collier de la présidente des parents d'élèves. J'en ai relevé quelques unes pour vous:

 

« Tu n’as pas un soutien-gorge sexy ?

-Mais C’EST mon soutien-gorge sexy ! »

 

« J’ai eu un D à mon devoir…

  • Oh un D, mais pourquoi… Chéri, dis quelque chose ?!
  • Euh, ah ouais un D, super. »

« Il faut segmenter les votes pour les élections des délégués de parents… tu dois avoir les votes des mères parfaites, des mères naturelles, des MILF, des mamans blogueuses… »

« Tu sais, comme ça j’ai l’air d’avoir une famille parfaite, mais… mon beau-frère a rejoint Daesh. Alors qu’il est Juif… ! »

« Elle est belle votre alliance.

- Euh je… me … la suis achetée moi-même… »

« Tu es une super bonne mère !  - Ah bon, qu’est-ce qui te fait dire ça  ?  -  Je sais pas, tu fais attention que tes enfants soient lavés et euh, tu leur donne un pique-nique quand il y a une sortie…  - Mais toutes les mères font ça.   - Ah bon, t’es sûre ? »

« Et tu as des sentiments pour cette strip-teaseuse / animatrice de webcam sexy ?

Oh, tu sais, on ne se masturbe pas en ligne pendant huit mois avec quelqu’un sans développer un minimum d’attachement. C’est un sacré petit bout de femme, elle gère sa ferme biologique toute seule, et…

Dégage de chez moi. »

 

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Si Bad Moms nous fait hurler de rire entre trois hits ("Shut up and dance", "Hey Mama"...) c'est pourtant une véritable satire sociale dans un scénario de velours. L'amie de Mila Kunis qui gère seule l'ensemble des tâches ménagères illustre les 80% des tâches domestiques effectuées par des femmes d'après les statistiques. Et quand elle se libère à la fin, Hollywood oblige, on ne peut s'empêcher de jubiler avec elle.

Les réunions de parents d'élèves avec un seul père et une majorité écrasante de mères viennent prouver les statistiques montant que la majorité des kermesses ou réunions sont assurées par les mères. Le fait que la garde des enfants échoie à la mère ne fait même pas débat, sauf quand celle-ci se montre "défaillante" d'après les enfants eux-mêmes.

 

Bad Moms évite les clichés en s'inscrivant dans une vraie modernité. C'est la fille (et non le garçon) qui fait du foot. Le boss de l'héroïne n'est pas un vieux barbon mais un jeune, caricature drôle de la génération Y avec un management "à l'horizontal" cool ascendant Google ou Starbucks (au siège) ce qui ne l'empêche pas de la virer sans préavis.

L'héroïne travaille à temps partiel comme bien des mères de familles, mais vient 5 jours par semaine au bureau... 

 

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En rigolant et en se moquant des mères et de leur entourage, Bad Moms tient le rôle de la comedia Dell'Arte: "castigat ridendo mores", elle châtie les moeurs en riant. Et peut pointer du doigt des dysfonctionnement dans les domaines de la maternité, comme de l'égalité, plus efficacement que beaucoup de statistiques. 

Commentaires

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Lily

j'ai adoré

Fanny

Bonjour,
Je vis aux Etats-Unis et j'ai donc pu noté quelques parallèles malheureux avec la situation familiale française.
Aux Etats-Unis, l'école commence à 9h et finie à 15h et surtout la maternelle ne commence qu'à 5 ans. Les modes de garde n'étant pas subventionnés par l'Etat comme en France, après un petit calcul budgétaire on se rend compte qu'il est bien plus rentable qu'un parent arrête de bosser (la femme en général malheureusement, vu que la société nous l'impose, que de toute façonnelle gagne 30% de moins qu'un homme à poste égal, que le congé mat n'existe pas donc si on ne veut pas abandonner son bébé de 3 jours, on se voit obligé de démissionner...). De plus le droit social étant moins protecteur, le parent qui travaille est un peu esclave de son boss. Je ne compte plus le nombre d'amis qui bossent durant leurs weekends et vances (d'ailleurs pour le boss de mon mari vacances = télétravail). De toute façon si on n'a pas de boulot: pas de sécurité sociale, pas de chômage... Mieux vaut tout faire pour garder son job. D'ailleurs je me demande comment dans le film elle réussit à se payer cette belle maison de banlieue avec juste un temps partiel...
De plus, aux US, le foot (soccer) est un sport de fille! C'est le foot US qui est réservé aux garçons.
Bref, le film me parait vraiment un bon résumé de la vie de mères US: si tu veux bosser tu ne dois pas avoir peur de passer pour la pire des mères (et aussi faire en sorte d'avoir un salaire de dingue pour pouvoir te payer supernanny et une barraque dans un quartier bien côté sur la carte scolaire).

Laura

Bonjour

Je rebondis sur le post précédent, aux USA, le football ou soccer est le sport féminin en vogue. Il n'y a rien de bien féministe dans cette image là. Le film est pas mal dans le sens où il aborde le sujet de la maman débordée et de la fameuse "charge mentale" très en vogue, et à juste titre, en ce moment.
En fait, ce film résume bien la situation: si on veut réussir aujourd’hui, on fait passer le travail avant la famille. Je ne le vois que trop avec les quelques femmes à des postes clefs et de direction dans mon entreprise actuelle. C'est vraiment dommage et pour les jeunes actives qui se posent la question de la maternité comme moi, cela revient à faire un choix: devenir maman et arriver à jongler peu ou prou entre la travail et la maison en oubliant une évolution professionnelle pourtant convoitée ou reculer (pour mieux sauter plus tard si c'est encore possible) une fois que l'évolution voulue sera atteinte.

En espérant que nous fassions bouger les choses!

Merci pour ce blog!

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