Previous month:
juillet 2016
Next month:
septembre 2016

août 2016

Attribution des places en crèches : nous tirons la sonnette d’alarme !

Crechechange1

A la veille de la rentrée scolaire, de nombreuses familles ne sont pas fixées sur le mode de garde de leur bébé. Les mairies ne donnent pas de délai de réponse aux dossiers de demandes déposés et ne répondent parfois même pas aux jeunes parents. En outre, les critères d’attribution restent flous dans trop de villes de France.

Une situation alarmante avec des conséquences graves sur les jeunes familles, qui en viennent parfois à perdre leur emploi ou ensuite à renoncer à un projet de deuxième enfant. 

Notre association déplore une très grande augmentation des messages reçus sur le sujet : 46% de bouteilles à la mer émanant de parents désespérés nous demandant avec ironie et tristesse s’ils doivent emmener leur bébé sur leur lieu de travail ou le laisser dans une consigne. Lors de notre étude statistique menée auprès de 987 mères actives de toute la France, les mots « chance » et « piston » ont été cités spontanément par la majorité des futures et jeunes mères pour qualifier l’obtention de places en crèches. Même quand les communes ont mis en place des procédures fiables, le manque d’information demeure sur la composition des commissions d’attribution et sur le barème de points.

Les parents sont dans le flou le plus total et cela impacte durablement leur organisation, avec par exemple embauche d’assistante maternelle / nourrice en doublon, générant un licenciement parfois avec indemnités avant même le début du contrat, dommageable pour tous. Un flou parfois volontaire ? De nombreux Maires de tous bords politiques s’engagent pour la transparence des critères d’attribution de places en crèches, comme ceux de Bordeaux, Le Mans et Paris. Ils ont signé le Pacte transparence Crèche de Maman travaille au Ministère des Affaires sociales il y a 6 mois et ont publié l’ensemble de ces informations pour Bordeaux et Le Mans. Depuis, Maman travaille mène mission de lobbying auprès des autres Maires de France.

Signer, envoyer la pétition: change.org/TransparenceCreches

Mais trop nombreux restent ceux qui maintiennent une chape de plomb sur les barèmes réels, se servant des places en crèches comme de « remerciements » clientélistes, mais en aucun cas comme d’un service municipal dont on garantit l’équité d’accès à toutes et tous. Le tout alimenté par une forte pénurie (il manque 400 000 berceaux). Le début d’une inégalité femmes/hommes La recherche d’un mode de garde est une « épreuve » pour bien des jeunes parents d’après l’étude Maman travaille. Dans la majorité des familles, la mère prend en charge cette recherche pendant son congé maternité. Cela marque le début du « plafond de mère ». Au demeurant, dans la majorité des couples hétérosexuels, le parent qui envisage de cesser son activité professionnelle en cas d’absence de mode de garde est la mère.

C’est aussi elle qui passe plus souvent à l’acte, ou diminue son temps de travail, et donc son revenu et ses cotisations retraite (98% des congés parentaux). Tant qu’elles attendent une réponse, les mères ne peuvent pas se projeter dans la suite de leur carrière et sont plongées dans une pesante insécurité professionnelle.

Transparence sur les crèches : il y a urgence ! Dans un contexte économique et global difficile, avec de surcroît des menaces terroristes, les politiques familiales sont reléguées en queue de liste des priorités. Notre association a longtemps conseillé aux mères de bricoler. Mais nous ne pouvons plus accepter cette situation grave. Nous demandons aux Maires et aux adjoint/es de prendre leurs responsabilités et de faire la transparence sur les places en crèches.

 

Signer, envoyer la pétition: change.org/TransparenceCreches


Bad Moms: une vraie analyse sociale derrière la comédie potache

Bad moms1

Depuis début août, le film "Bad Moms" avec Mila Kunis (épouse d'Ashton Kutcher, ex de Demi More, vous suivez ?) cartonne au cinéma. Ecrite et réalisée par l'équipe de "Very Bad Trip", film à l'humour très en dessous de la ceinture et très provocateur (ce qui est un compliment dans ma bouche) "Bad Moms" s'inscrit sur le créneau moderne des "mères indignes", puisque c'est ce que signifie le titre - oui je sais, j'ai fait Anglais première langue.

Il est même surprenant que nous ayons du attendre 2016 pour voir un film sur la question des mères indignes, sujet ultra tendance et pourvoyeur d'articles, de blogs, de livres en pagaille depuis plus de 10 ans aux USA comme en France. 

Le scénario est plutôt basique: Une mère de famille épuisée (comme 63% de mères, se déclarant en burn out) par sa quête de perfection surprend son mari en pleine masturbation vidéo sur un site de webtchat sexuel. Elle le jète dehors et se retrouve mère célibataire avec deux enfants dont une fille névrosée, obsédée par sa sélection dans l'équipe de foot, et un garçon bruyant. Son patron la harcèle presque et elle n'a pas vraiment d'amies avec qui évacuer la pression. La présidente des parents d'élèves décide qu'elle sera responsable de la vente des gâteaux à la kermesse... et là c'est le drame. L'héroïne craque, devient amie avec les deux boulets des parents dans une Amérique WASP et BCBG: 1/ la mère au foyer de 5 enfants qui n'a aucune vie sociale et est tyrannisée par un mari misogyne et 2/ la mère célibataire alcoolique. A elles trois, elles vont briguer la présidence des délégués des parents, sur fond de drague ostentatoire du père de famille latino musclé et veuf. 

La comédie pour mères de famille est un genre nouveau qui me passionne fatalement, comme mère mais aussi comme écrivaine auteure du roman "Pas plus de 4 heures de sommeil" dont les droits cinéma ont été acquis par madame Mélissa Theuriau. En regardant Bad Moms, je me demande fatalement ce que donnera le film inspiré du roman que j'ai écrit au cinéma, inch'Allah. 

J'ai donc noté des similitudes flagrantes entre mon roman et ce film. Ma paranoïa n'étant pas assez grande pour imaginer que les scénaristes de Very Bad Trip auraient lu en cachette Pas plus de 4 heures de sommeil pour le plagier, j'en déduis que les comédies pour mères ont certaines bases commues, par exemple:

  • la présidente des parents d'élèves (personnage récurent chez moi sous le nom de Justine Desprez) qui s'avère avoir aussi des failles (scène de pleurs à la fin dans Bad Moms comme dans Pas plus de 4 heures de sommeil) Conclusion: la présidente de l'asso des parents d'élèves est la nouvelle figure de la chef des pom pom girls.
  • le père de famille sexy et veuf. Dans Bad Moms comme dans Pas plus de 4 heures de sommeil, il n'est pas célibataire ni divorcé mais veuf. Manière pratique d'évacuer les relations difficiles des familles recomposées ou féminisme qui empêche même en fiction de "piquer" un mec ?
  • l'incapacité pour les mères mariées depuis longtemps à draguer autrement qu'en parlant de... leurs enfants, scène ultra drôle dans Bad Moms quand Mila Kunis pleure en évoquant le dernier Disney ou suggère à un "date" de manger plus de légumes pour son équilibre alimentaire.

 

 

Bad Moms, c'est donc une comédie potache rigolote, où les "punchlines" s'enchaînent comme des perles sur le collier de la présidente des parents d'élèves. J'en ai relevé quelques unes pour vous:

 

« Tu n’as pas un soutien-gorge sexy ?

-Mais C’EST mon soutien-gorge sexy ! »

 

« J’ai eu un D à mon devoir…

  • Oh un D, mais pourquoi… Chéri, dis quelque chose ?!
  • Euh, ah ouais un D, super. »

« Il faut segmenter les votes pour les élections des délégués de parents… tu dois avoir les votes des mères parfaites, des mères naturelles, des MILF, des mamans blogueuses… »

« Tu sais, comme ça j’ai l’air d’avoir une famille parfaite, mais… mon beau-frère a rejoint Daesh. Alors qu’il est Juif… ! »

« Elle est belle votre alliance.

- Euh je… me … la suis achetée moi-même… »

« Tu es une super bonne mère !  - Ah bon, qu’est-ce qui te fait dire ça  ?  -  Je sais pas, tu fais attention que tes enfants soient lavés et euh, tu leur donne un pique-nique quand il y a une sortie…  - Mais toutes les mères font ça.   - Ah bon, t’es sûre ? »

« Et tu as des sentiments pour cette strip-teaseuse / animatrice de webcam sexy ?

Oh, tu sais, on ne se masturbe pas en ligne pendant huit mois avec quelqu’un sans développer un minimum d’attachement. C’est un sacré petit bout de femme, elle gère sa ferme biologique toute seule, et…

Dégage de chez moi. »

 

Bad moms2

 

 

Si Bad Moms nous fait hurler de rire entre trois hits ("Shut up and dance", "Hey Mama"...) c'est pourtant une véritable satire sociale dans un scénario de velours. L'amie de Mila Kunis qui gère seule l'ensemble des tâches ménagères illustre les 80% des tâches domestiques effectuées par des femmes d'après les statistiques. Et quand elle se libère à la fin, Hollywood oblige, on ne peut s'empêcher de jubiler avec elle.

Les réunions de parents d'élèves avec un seul père et une majorité écrasante de mères viennent prouver les statistiques montant que la majorité des kermesses ou réunions sont assurées par les mères. Le fait que la garde des enfants échoie à la mère ne fait même pas débat, sauf quand celle-ci se montre "défaillante" d'après les enfants eux-mêmes.

 

Bad Moms évite les clichés en s'inscrivant dans une vraie modernité. C'est la fille (et non le garçon) qui fait du foot. Le boss de l'héroïne n'est pas un vieux barbon mais un jeune, caricature drôle de la génération Y avec un management "à l'horizontal" cool ascendant Google ou Starbucks (au siège) ce qui ne l'empêche pas de la virer sans préavis.

L'héroïne travaille à temps partiel comme bien des mères de familles, mais vient 5 jours par semaine au bureau... 

 

Bad moms 3

 

En rigolant et en se moquant des mères et de leur entourage, Bad Moms tient le rôle de la comedia Dell'Arte: "castigat ridendo mores", elle châtie les moeurs en riant. Et peut pointer du doigt des dysfonctionnement dans les domaines de la maternité, comme de l'égalité, plus efficacement que beaucoup de statistiques.